G8 Energie: des promesses mais peu de moyens

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Par Oleg Mitiaïev, RIA Novosti
Par Oleg Mitiaïev, RIA Novosti

Une réunion des ministres de l'Energie des pays du G8 (regroupant les membres du club des pays les plus industrialisés: Allemagne, Canada, Etats-Unis, Grande-Bretagne, Italie, Japon Russie) s'est tenue les 24 et 25 mai à Rome. Un problème très urgent a été abordé lors du forum: la nécessité d'investir dans de nouveaux projets énergétiques en vue d'assurer la sécurité énergétique et le développement stable d'après-crise. Mais la conférence de Rome ayant pour thème "Au-delà de la crise. Vers un nouvel ordre mondial de l'énergie", n'est pas parvenue à définir les modalités permettant d'y parvenir. Ses décisions seront soumises au sommet du G8 qui se tiendra du 8 au 10 juin également en Italie.

Une étude spécialement préparée pour cette rencontre par l'Agence internationale de l'énergie (AIE) témoigne de la gravité de la crise de l'économie mondiale et, par suite, du secteur énergétique. Selon ce document, la consommation mondiale d'électricité reculera en 2009 de 3,5%, une première depuis la Seconde Guerre mondiale.

Après la guerre, la consommation de pétrole, plus sensible aux phases des cycles économiques, avait connu maintes oscillations, surfant sur les hauts et les bas de l'économie mondiale. L'AIE prévoit que la consommation de pétrole enregistrera en 2009 une baisse de 3% par rapport à 2008.

Il est logique de s'attendre à un accroissement des investissements dans le secteur énergétique après la fin de la crise. Il est probablement inutile d'y compter à présent, compte tenu de la réduction considérable de la demande des entreprises énergétiques en énergie et des difficultés de l'obtention de crédits.

D'autre part, il faut soutenir les investissements dans le secteur énergétique: dans le cas contraire, l'offre d'énergie pourrait s'avérer insuffisante au moment de la reprise économique. Ainsi, l'AIE prévoit un déficit possible de pétrole en 2012. Les capacités mondiales d'extraction de pétrole ont déjà diminué de 2 millions de barils par jour. Si cette tendance persiste, l'économie mondiale perdra, selon les prévisions de l'AIE, 4,2 millions de barils d'or noir par jour supplémentaires au cours des dix-huit prochains mois.

C'est pourquoi, dans leur déclaration finale, les participants de la réunion de Rome ont appelé le secteur énergétique à effectuer des investissements sans attendre le début de la reprise économique. La déclaration a été signée non seulement par les ministres de l'Energie des pays du G8, mais aussi par des représentants de 23 pays : les pays émergents, dont quatre membres de l'OPEP avec l'Arabie saoudite en tête, étaient largement représentés à la conférence de Rome.

D'ailleurs, les pays producteurs d'or noir et les compagnies pétrolières ont campé sur une position ambiguë. D'un côté, ils reconnaissent que les brusques bonds des prix du pétrole affectent l'économie mondiale. De l'autre, ils affirment que pour effectuer de nouveaux investissements dans le secteur pétrolier, il faut que le prix de l'or noir augmente, passant des 60 dollars actuels le baril à environ 75 dollars.

Le ministre russe de l'Energie Sergueï Chmatko s'est montré optimiste à Rome, prévoyant que la Russie maintiendrait en 2009 l'extraction du pétrole au niveau de 2008. En ce moment, a-t-il dit, la situation dans le secteur pétrolier russe est sûre et stable.

Selon Sergueï Chmatko, ceci a été rendu possible par la réduction de la charge fiscale des compagnies pétrolières russes dans le cadre du programme gouvernemental anticrise, permettant à ces dernières de ne pas réduire leurs investissements. Il est vrai, comme il ressort de ses propos, ces investissements ne suffiront qu'à maintenir l'extraction de pétrole en Russie au niveau de 2008, année marquée par la stagnation de l'extraction.

Par conséquent, la question de savoir comment assurer les investissements dans le secteur énergétique en période de crise est restée sans réponse concrète. L'AIE prévoit que les investissements mondiaux dans la prospection-production de pétrole et de gaz devraient chuter de 21% cette année par rapport à 2008.

Le numéro deux du Fonds monétaire international (FMI), John Lipsky, présent à la réunion de Rome, l'a admis, en supposant que suite à la réduction des investissements dans le secteur énergétique en 2009, ils n'augmenteraient pas non plus en 2010. Selon lui, cette politique d'investissement entraînera une courte période de stabilité relative des prix du pétrole et, à moyen terme, une nouvelle flambée des prix de l'or noir.

Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de l'auteur.

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