Revue de la presse russe du 7 février

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MOSCOU, RIA Novosti

Kommersant

La Russie classée menace extérieure pour la sécurité nationale des Etats-Unis

Au cours des auditions annuelles d'hier (mercredi) sur les problèmes de sécurité, où le rapport présenté par le directeur du renseignement américain Michael McConnell était au centre de toutes les attentions, Russie et Chine ont été officiellement proclamées sources de menace extérieure pour les Etats-Unis, au même titre qu'Al-Qaïda, l'Irak et l'Iran, lit-on jeudi dans le quotidien Kommersant.

Moscou et Pékin sont accusés de vouloir profiter de leur influence économique croissante dans le monde en vue de d'atteindre leurs objectifs politiques, ainsi que de se livrer au cyberterrorisme, en se fondant sur le fait qu'ils "possèdent les moyens techniques suffisants pour pénétrer dans le système informatique des Etats-Unis et recueillir des renseignements".

Les services secrets américains ont également considéré comme une menace à la sécurité des Etats-Unis et de leurs partenaires occidentaux la politique énergétique de Moscou, qui déploie des "efforts agressifs en vue de contrôler, d'interdire ou de bloquer le transit des hydrocarbures de la région de la Caspienne vers l'Occident".

Christopher Bond, vice-président du comité du sénat pour le renseignement, a esquivé une question du quotidien Kommersant qui voulait savoir si les Etats-Unis voyaient une menace à la sécurité des Etats-Unis dans la coopération militaire et technique de Moscou avec l'Iran et la Syrie. "Il existe tout un éventail de menaces, a répondu de façon évasive M. Bond. Elles sont toutes assez graves, et je ne me risquerais pas à considérer l'une ou l'autre comme prioritaire".

Cependant, selon une source proche du renseignement américain, la liste de ces menaces comporte également certains soupçons sur le fait que la coopération entre Moscou et Téhéran dans le domaine nucléaire puisse dépasser le cadre des accords internationaux existants.

Répondant à la question de savoir quelle menace représente l'Amérique pour la Russie, les experts ont émis des avis partagés.

Vladimir Vassiliev, président du Comité de la Douma pour la sécurité (chambre basse du parlement russe): Leur politique agressive crée des précédents qui peuvent être dirigés contre la Russie, par exemple, le Kosovo. Ils ont peur de nous en raison de notre renforcement.

Leonid Ivachov, général, vice-président de l'Académie des problèmes géopolitiques: La sécurité économique de la Russie est menacée à cause de la crise que traverse l'économie américaine. On nous évince de nos espaces géopolitiques traditionnels et on s'ingère ouvertement dans nos affaires intérieures. Mais nous ne représentons aucune menace pour eux, nous sommes trop faibles pour cela.

Nikolaï Petrov, membre du conseil scientifique du Centre Carnegie de Moscou: Il n'existe aucune menace d'où que ce soit. Les campagnes présidentielles exacerbent les discussions sur les problèmes de politique étrangère. Elles sont destinées à l'auditoire intérieur.

Nikolaï Zlobine, directeur des programmes russes et asiatiques du Centre d'information militaire des Etats-Unis: On peut y ajouter les menaces écologique et technologique. Mais c'est le manque de compréhension entre la Russie et les Etats-Unis qui est la source de tous les maux. Personne ne sait exactement ce qui se passe en Russie, ce qui entraîne une certaine méfiance.

Vedomosti

Présidentielle: une prime au résultat pour les commissions électorales

L'argent éventuellement économisé sur le second tour de l'élection présidentielle sera pour la première fois versé sous forme de primes aux employés des commissions électorales, lit-on jeudi dans le quotidien Vedomosti.

Le fait que le résultat de l'élection représente un intérêt matériel pour les commissions électorales ne manque pas d'étonner les analystes.

Les sommes du budget fédéral que la commission électorale de la région de Nijni-Novgorod a reçues pour le deuxième tour de l'élection serviront, si ce dernier n'a pas lieu, à accorder des primes aux employés des commissions électorales territoriales, a indiqué Stanislav Bissine, président de la commission électorale régionale, au cours d'une réunion: c'est ce qui avait été décidé au niveau fédéral à la fin de l'année dernière.

C'est la première fois que nous faisons cela, a affirmé Evgueni Koliouchine, membre de la Commission électorale centrale (CEC): jusque-là, l'argent non dépensé pour les élections revenait au budget.

5,125 milliards de roubles (près de 142,26 millions d'euros) ont été affectés à l'élection présidentielle. 20% de la somme sont alloués pour l'organisation du second tour, par conséquent, environ 1 milliard de roubles (27,76 millions d'euros) seront versés sous forme de primes. Sur cette somme, les primes ne seront accordées qu'aux employés non titulaires des commissions électorales territoriales. Ceux-ci sont payés entre 14,9 et 52,3 roubles de l'heure (entre 0,41 et 1,45 euro).

Près d'un million de personnes travaillent dans le système électoral, explique Nikolaï Konkine, secrétaire de la Commission électorale centrale (CEC), c'est pourquoi il ne s'agit pas de primes importantes.

Comme le prouve l'expérience des campagnes précédentes, c'est au niveau des commissions électorales territoriales que l'on observe le plus souvent des cas de falsification des résultats, explique l'analyste politique Alexandre Kynev. Bien entendu, il faut accorder des primes aux employés des commissions, mais il est étrange de voir que les résultats de l'élection sont considérés comme une motivation, estime l'expert.

Par exemple, d'après les données du monitorage des irrégularités aux élections législatives effectué par l'association Golos (La Voix) en Carélie, un protocole sur six a été réécrit au niveau des commissions électorales territoriales, rappelle Lilia Chibanova qui dirige cette association.

La CEC n'a évidemment pas demandé à ce que l'élection soit pliée en un seul tour et, d'ailleurs, elle ne peut le faire, a rappelé Stanislav Bissine, tout dépend bien sûr du vote des électeurs.

Gazeta.ru

Nabucco: recherche gaz désespérément

Les délais de mise en exploitation du gazoduc Nabucco ont été à nouveau rallongés, ce qui ne lui laisse plus aucune chance de concurrencer le projet transcaspien russe, note jeudi le quotidien Gazeta.ru.

L'Iran pourrait sauver le Nabucco, mais l'attitude négative de l'Union européenne à l'égard du leader de ce pays, Mahmoud Ahmadinejad, empêche l'adhésion de cet Etat au projet.

Le consortium Nabucco Gas Pipeline International a fait savoir que le projet n'entrerait pas en service avant 2013. Son lancement avait été initialement prévu pour 2011, puis pour 2012.

Le nouveau retard du projet Nabucco, qualifié par les Européens eux-mêmes de mort-né, peut être considéré comme une victoire incontestable de la Russie. Après une série de négociations réussies concernant le gazoduc caspien que la Russie a menées avec ses partenaires étrangers fin 2007 - début 2008, les positions du Nabucco ont été sérieusement ébranlées, indique Konstantin Gouliaïev, expert de la compagnie d'investissement Region. Sa raison d'être paraît de plus en plus discutable, selon lui.

D'après l'analyste, le Nabucco est certainement dans une grande mesure un projet politique, cependant, s'il est trop tard et que le tuyau russe (longeant la côte est de la mer Caspienne depuis le Turkménistan via le Kazakhstan et la Russie) est mis en exploitation plus tôt, la construction de ce gazoduc alternatif ne sera pas menée à bien.

Les gisements gaziers existants ne suffiront pas pour remplir les deux tuyaux à la fois, indique, en faisant écho à son collègue, un analyste de la compagnie d'investissement Finam. La mise en oeuvre de projets de ce type est une affaire relativement coûteuse, et les investisseurs ne dépenseront pas leur argent uniquement pour servir des intérêts politiques.

L'Europe tente toujours de sauver son projet, mais, selon les spécialistes, elle n'a pas choisi le meilleur moyen pour y parvenir. Le consortium qui s'occupe de la mise en oeuvre du projet Nabucco a réorienté son gazoduc du gaz centrasiatique vers les ressources énergétiques de l'Iran, le Kazakhstan et le Turkménistan ayant de fait adopté une position pro-russe sur cette question, explique Dmitri Abzalov, expert du Centre de conjoncture politique. Cependant, les Etats européens, principaux clients du Nabucco, adoptent une attitude très sévère envers l'Iran et surtout envers son président, Mahmoud Ahmadinejad.

M. Abzalov prévient que le choix de l'Iran en tant que fournisseur principal de gaz renforcera considérablement les positions de M. Ahmadinejad sur la scène politique internationale. Or, c'est justement ce que l'Occident tente d'empêcher, souligne l'analyste.

On ne sait pas encore si le projet Nabucco utilisera ou non, en fin de compte, du gaz iranien, mais ci cela n'aboutit pas, le projet perdra définitivement tout sens. A propos, la Russie y est également pour quelque chose. "Notre pays promeut la construction d'un gazoduc reliant l'Iran à l'Inde, explique Dmitri Abzalov. Ce projet pourrait attirer à lui la majeure partie des ressources énergétiques et laisser le tuyau du Nabucco à nouveau vide".

Nezavissimaïa gazeta

Sotchi 2014: la facture gonfle à vue d'oeil

La désignation de Sotchi comme ville organisatrice des Jeux olympiques d'hiver 2014 pourrait mal tourner pour la Russie, l'activité des autorités et des responsables de la construction des sites n'étant pas à la hauteur des objectifs fixés, lit-on jeudi dans le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

L'ampleur du financement nécessaire en prévision des Jeux olympiques n'est pas encore bien définie. Après l'annonce faite mardi selon laquelle près de 700 hectares de terrains de Sotchi seraient "saisis", leurs propriétaires devant être indemnisés aux prix du marché, on a la certitude que le budget initial de 13 milliards de dollars prévu pour la préparation des Jeux ne suffira pas.

Selon les évaluations les plus modestes (50.000 à 150.000 dollars les 100 m2), il faudra dépenser de 3,5 à 10,5 milliards de dollars rien que pour le rachat des terrains.

Il n'est pas exclu que ces calculs soient déjà dépassés. Le marché de l'immobilier est en ébullition à Sotchi, par conséquent, tout retard en matière de saisie de terre est pénalisant pour les auteurs et les exécutants du budget olympique. En janvier, un achat de terrain dans la ville balnéaire a pour la première fois dépassé un million de dollars pour 100 m2. De nombreux propriétaires de Sotchi considèrent que le prix pour 100 m2 de terrain ne doit pas être inférieur à 200.000 dollars.

On ne voit pas bien où prendre l'argent pour racheter ces terrains, car l'Etat ne prévoit d'allouer au programme de construction des sites olympiques et de développement de Sotchi que 81 milliards de roubles (près de 3,29 milliards de dollars) pour les trois prochaines années.

Cependant, la Cour des comptes a déclaré mardi que l'accomplissement des objectifs déjà approuvés était en danger. Après analyse de l'application du programme fédéral "Développement de Sotchi en tant que station climatique de montagne pour 2006-2014", les auditeurs de la Cour des comptes ont révélé que, sur les 20,2 milliards de roubles (819,5 millions de dollars) prévus pour 2007, seuls 2,7 milliards ont été accordés, soit moins de 14%. Cependant, même cette somme n'a toujours pas été employée. Le montant des travaux réellement accomplis d'après les contrats d'Etat a constitué moins de 80 millions de roubles (moins de 3,25 millions de dollars).

Même si les organisateurs des Jeux olympiques rattrapent le calendrier établi dans le programme fédéral, les 20 milliards de roubles non alloués en 2007 se sont déjà considérablement dépréciés depuis.

Il est de notoriété publique qu'aucun grand chantier de construction en Russie n'est réalisé sans que le devis initial du projet n'augmente de plusieurs fois. Prenons par exemple le projet de construction du premier tronçon du pipeline Sibérie orientale - Pacifique, dont le coût est passé de 6,7 à 12,5 milliards de dollars. D'ailleurs, ces chiffres ne sont pas définitifs, car la construction est toujours en cours.

Ces articles sont tirés de la presse et n'ont rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.

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