Revue de la presse russe du 6 avril

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MOSCOU, RIA Novosti

Voenno-promychlenny kourier

Le concepteur du Boulava-30 se porte garant de son missile

"Le Boulava-30 tout comme le Topol-M est capable de percer tous les paliers d'interception, écrit l'hebdomadaire Voenno-promychlenny kourier. C'est à ce magazine que Youri Solomonov, directeur et constructeur général de l'Institut moscovite de thermotechnique, où ces missiles ont été conçus, a accordé sa première interview après plusieurs tirs malheureux de Boulava-30.

Pour le constructeur général, l'efficacité potentielle des missiles de combat de conception russe est garantie face aux technologies "dont l'humanité dispose et disposera au cours des prochaines décennies, a-t-il indiqué. Y compris dans le contexte d'un déploiement de grande envergure du système ABM".

S'agissant des tirs manqués, Youri Solomonov a fait remarquer que le facteur risque était indissociable du travail "sur des complexe foncièrement nouveaux", "impliquant des solutions techniques inédites dans la plupart des cas".

Il est toujours prévu d'achever les essais en vol du Boulava dans les délais fixés, a dit le constructeur général. "Je suis absolument certain que ce travail sera mené à bien, a déclaré Youri Solomonov. On en veut pour preuve les données concernant le fonctionnement du missile sur tous les secteurs du vol, données objectives que nous avons obtenues à l'issue des essais".

Interrogé par l'hebdomadaire sur le déploiement du système ABM par les Etats-Unis, Youri Solomonov a répondu "qu'en réalité le champ d'activité des Américains dans le domaine de la conception de technologies militaires est bien plus étendu". Il a rappelé le programme Joint Vision 2010 qui, selon lui, "est une association d'armes de frappe autour d'une conception foncièrement nouvelle de dissuasion nucléaire".

"Dans le cadre du Joint Vision, les Américains se sont fixés comme objectif de creuser un écart technologique militaire non seulement avec la Russie, mais encore avec tous les autres pays d'Europe occidentale et le Japon. Cette avance permettra aux Etats-Unis de marquer des points sur le plan politique. Pour parvenir à cet objectif, il faut disposer de ressources appropriées. Ce n'est pas un hasard si le budget militaire américain établi pour 2008 sera le plus étoffé de toute l'histoire des Etats-Unis. Un budget qui sera d'ailleurs revu à la hausse".

"Je pense que face à ce processus il faille garder la tête froide et rester serein. Dans ce sens à mon avis les dirigeants de notre pays agissent comme il convient".

Nezavissimaïa gazeta

La solitude du président ukrainien à l'Ouest et à l'Est

L'idée de restreindre l'influence politique du président germait au cours de la "révolution orange" en Ukraine. Dirigée contre Leonid Koutchma, l'idée de changer le rapport des forces en faveur de la Rada (parlement) paraissait très européenne. En général, le désir de ressembler aux démocraties développées apparaît lorsque quelqu'un se trouve en opposition. L'incertitude de la victoire à l'élection présidentielle a incité les partisans de Viktor Iouchtchenko à changer la Constitution de façon que l'Ukraine se transforme, de république présidentielle, en république parlementaire.

Mais Viktor Iouchtchenko a été élu à la présidence et il s'est avéré tout de suite que le passage de la république présidentielle à la république parlementaire était prématuré. Viktor Iouchtchenko est devenu nerveux. Il a trahi Ioulia Timochenko, perdu son prestige et s'est rapproché de Viktor Ianoukovitch. En fin de compte, il est évident que Viktor Iouchtchenko, tel qu'il est devenu, est inutile pour son peuple, pour l'Ouest et l'Est.

Dans le contexte de la détérioration des rapports entre la Russie et les Etats-Unis, les Américains ont décidé de profiter de la faiblesse de Viktor Iouchtchenko et de son isolement politique.

On peut comprendre Viktor Iouchtchenko. Mais il a mal choisi le moment pour son initiative. La situation économique s'est améliorée au cours de l'année de travail de Viktor Ianoukovitch au poste de premier ministre, par conséquent, il sera difficile de prouver que le gouvernement freine les réformes. Les gens ont besoin non pas de réformes en tant que telles, mais de réformes améliorant leur situation matérielle.

La crise en Ukraine illustre parfaitement que le changement de modèle de système politique n'est nullement un procédé technique. Le pouvoir présidentiel ou le pouvoir parlementaire dans les "démocraties postsoviétiques" ne sont pas le résultat du changement de tel ou tel article de la Constitution. La forme du pouvoir doit être conforme, au moins, à la mentalité des élites et, au mieux, à celle des larges masses populaires, car il faut diriger les élites et les gens. S'ils ressentent la faiblesse des motifs énoncés par le pouvoir, ils y réagissent de façon symétrique et échappent au contrôle. Dans ce cas, les réformes et le choix européen passent au second plan et la lutte pour le pouvoir arrive au premier plan.

Vedomosti

Air France pourrait s'engager dans la lutte pour Alitalia aux côtés d'Aeroflot

Aeroflot souhaite devenir copropriétaire d'Alitalia: cette nouvelle a été rendue publique lundi dernier par Unicredit, un des principaux groupes financiers d'Europe doté de 1.000 milliards de dollars d'actifs et associé de la compagnie aérienne russe dans le projet. Le lendemain, le directeur général d'Aeroflot, Valeri Okoulov, déclarait qu'un troisième partenaire pourrait rejoindre le tandem Aeroflot-Unicredit.

Une source proche de la compagnie aérienne russe a confié à Vedomosti qu'il s'agissait d'Air France. Selon cette source, les négociations portant sur l'entrée des Français dans l'alliance sont programmées pour la semaine prochaine. L'interlocuteur de Vedomosti reconnaît que les négociations ne seront pas faciles, les dettes d'Alitalia atteignant 1 milliard d'euros. Le nouveau partenaire devrait apporter un appui financier (ses bénéfices sont presque sept fois supérieurs à ceux d'Aeroflot) et son expérience sur le marché européen, conclut l'interlocuteur de Vedomosti. Vieux partenaire d'Aeroflot, Air France jouit d'une réputation excellente et sera également intéressé à devenir copropriétaire d'Alitalia, a confirmé un participant au consortium.

Un porte-parole d'Air France a indiqué que sa compagnie n'avait pas encore débattu de l'acquisition commune d'Alitalia avec Aeroflot.

Un nouvel acteur aura du mal à rejoindre l'appel d'offres. Le ministère italien de l'Economie et des Finances a cessé d'accepter les demandes d'achat le 2 avril dernier, a expliqué à Vedomosti le porte-parole du ministère, Carlo Maria Fenu. Conformément aux règles de l'appel d'offres, la liste des candidats est déjà considérée comme bouclée, Aeroflot étant la dernière compagnie à avoir déposé sa demande. Le tandem Aeroflot-Unicredit est actuellement confronté à deux rivaux: le consortium regroupant Matlin Patterson (Etats-Unis), Mediobanca (Italie) et le fonds Texas Pacific Group, d'une part, et, de l'autre, le groupe AP Holding dirigé par le président de la compagnie aérienne locale Air One, Carlo Toto. Toutefois, cette règle pourrait être modifiée, ajoute l'interlocuteur de Vedomosti. Si le ministère de l'Economie et des Finances ne retient aucun des scénarios (proposition de prix et plan d'assainissement pour Alitalia) proposés pour le 16 avril, il pourrait admettre de nouveaux candidats, affirme un participant à l'appel d'offres.

Pour Evgueni Chago, analyste à la Trust Investment Bank, une banque d'investissement partenaire d'Aeroflot, les membres d'alliances aériennes mondiales seront d'ici quelques années non seulement des partenaires, mais aussi des copropriétaires réciproques. Si Aeroflot parvient à se mettre d'accord avec Air France, ce compromis baissera notablement ses risques financiers, car il n'aura pas à verser la totalité du prix d'Alitalia dont la valeur de marché représente environ 740 millions de dollars. "Le transporteur aérien français sait travailler sur le marché européen, une précaution qui ne sera pas de trop pour Aeroflot, ajoute M. Chago. Pour Air France, cette coopération sera également avantageuse, car la compagnie pourrait sérieusement s'implanter sur le marché italien."

Ces articles sont tirés de la presse et n'ont rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.

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