Nezavissimaïa gazeta
Une attaque US contre l'Iran serait hasardeuse
Une nouvelle guerre risque d'éclater au Proche-Orient. Selon certaines informations, dès le mois de mars les Etats-Unis pourraient attaquer l'Iran. Bien que Washington nie l'existence de tels plans, la présence militaire américaine dans le golfe Persique s'accentue. Téhéran de son côté se prépare à faire face à une frappe potentielle. Pour se défendre en cas d'agression la République islamique utiliserait les missiles sol-air russes TOR-M1 dont la livraison des derniers exemplaires a été annoncée voici quelques jours par le ministre russe de la Défense, Sergueï Ivanov.
Pour l'Iran le moment critique interviendra à la fin du mois de février, quand expirera la date limite fixée par la résolution votée le 23 décembre 2006 par le Conseil de sécurité de l'ONU, exigeant de Téhéran qu'il cesse toute activité en matière d'enrichissement d'uranium. Avant d'adopter un nouveau document, le Conseil de sécurité entendra un nouveau rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) sur l'état d'avancement du programme nucléaire iranien.
A ce moment deux groupes de porte-avions de l'US Navy se trouveront dans le golfe Persique. Le deuxième fait route vers la région depuis mardi, tout comme un bataillon de missiles antimissiles Patriot. En outre, 20.000 soldats américains font mouvement vers la région, dans un premier temps ils seront déployés à Koweït. La presse koweitienne a d'ailleurs annoncé il y a quelques jours que Washington frappera l'Iran pas plus tard que la fin mars 2007. L'attaque sera menée de la mer, les missiles Patriot protégeront les sites pétroliers des pays de la Presqu'île arabique contre d'éventuelles représailles de la république islamique.
Selon les termes du contrat, la Russie devait livrer à Téhéran 29 missiles sol-air. De l'avis de Sergueï Ivanov, ce marché n'enfreint en rien la résolution de décembre du Conseil de sécurité de l'ONU sur l'Iran du moment qu'il ne concerne pas les ententes intervenues antérieurement.
En attendant, l'impression est que l'Iran entend assurer sa défense pas uniquement avec des armes russes, mais encore au moyen du "bouclier vivant" constitué, selon de nombreux observateurs, par les 3.000 Russes travaillant sur le chantier de la centrale nucléaire iranienne de Bushehr. Au printemps prochain de nombreux employés de l'AIEA chargés d'inspecter les sites nucléaires avant le rapport susmentionné de l'AIEA pourraient se trouver en Iran. D'autre part, en février-mars, Téhéran envisage d'inviter une équipe supplémentaire d'experts de l'agence, originaires principalement de pays appartenant au mouvement de non alignement.
Pour les experts de la Nezavissimaïa gazeta une frappe militaire américaine contre l'Iran est peu envisageable, mais ils estiment néanmoins que le renforcement de la présence militaire des Etats-Unis dans le golfe Persique a pour but d'exercer une pression psychologique sur Téhéran.
De l'avis du politologue Alexeï Bogatourov, "il n'y aura pas de frappe durant la période à venir". Si quelque chose se produisait, il ne pourrait s'agir que d'une opération ponctuelle, mais une "castration nucléaire" de l'Iran est peu probable. Ce serait une entreprise extrêmement compliquée, y compris du point de vue politique, compte tenu des contradictions au sein de l'administration américaine, estime le politologue.
"Alors que les Etats-Unis sont embourbés en Irak et en Afghanistan, il serait hasardeux de lancer une opération militaire contre l'Iran", pense de son côté Pavel Zolotariov, directeur adjoint de l'Institut des Etats-Unis et du Canada relevant de l'Académie des sciences de Russie.
Vedomosti
Les compagnies aériennes russes insatisfaites de la réduction des taxes sur les avions importés
Les taxes sur les avions n'ayant pas d'analogues en Russie seront réduites de 20 % jusqu'à 8 à 10 %, mais les compagnies aériennes sont mécontentes, car la réduction ne concerne que les petits avions et parce qu'elle ne sera en vigueur que pendant trois ans, après quoi le Superjet-100 russe sera lancé sur le marché.
Les transporteurs aériens russes ont demandé depuis longtemps de réduire la taxe sur les avions à laquelle s'ajoute une TVA de 18 %. Au printemps dernier, le ministère russe du Développement économique et du Commerce avait suggéré d'annuler cet impôt pour les compagnies, mais il n'avait pas été soutenu par le ministère des Finances. Après une série de catastrophes aériennes, le ministère des Transport avait proposé d'abolir la taxe. Hier, la commission intersectorielle pour les mesures protectionnistes a décidé de baisser la taxe sur les avions n'ayant pas d'analogues en Russie en la ramenant à 8 %.
Cela concerne les avions d'une capacité d'une cinquantaine de personnes. Pour les avions embarquant 115 à 160 personnes, la taxe sera de 10 %. La réduction de la taxe ne concernera que les avions achetés en leasing et le délai de paiement ne doit pas dépasser trois ans.
"Cette décision est boiteuse", estime Lev Kochliakov, directeur général adjoint d'Aeroflot. Selon lui, là où il n'y a pas d'analogues, la taxe doit être abolie. Le délai du leasing limité à trois ans diminue son attrait commercial : ensuite, il faudra conclure un nouveau contrat, ce qui entraînera des dépenses supplémentaires, déplore Lev Kochliakov.
Cela ne concernera pas la compagnie Sky Express qui agrandit actuellement son parc d'avions, souligne Marina Boukalova, directeur général de la compagnie. Sky Express exploite des avions plus grands, des Boeing-737 accordés en leasing pour au moins cinq ans. "Il n'existe pas de clause sur l'existence d'avions analogues en Russie", dit-elle.
L'unique concurrent russe de l'avion dont la taxe sera réduite est le Superjet-100, avion régional développé par la société "Avions civils Soukhoï", fait remarquer une source proche de la Corporation aéronautique unie. A son avis, la commission a pris une décision judicieuse. Les livraisons de l'avion russe commenceront, le plus tôt, à la fin de 2009, et la taxe sera de nouveau augmentée.
Gazeta.ru
La Russie pourrait s'immiscer dans la guerre entre Boeing et Airbus
Le combat autour des commandes sur le marché international de l'aéronautique continue de faire rage entre Européens et Américains. Cette année, le leadership appartient à l'américain Boeing. Mais on pourrait très prochainement assister à l'apparition d'un troisième candidat avec lequel les géants mondiaux seront amenés à compter.
Les experts n'excluent pas qu'un nouvel acteur intervienne un jour dans la compétition entre les deux majors occidentales. "L'époque de la duopole est révolue", constate Gaïrat Salimov, de la compagnie d'investissement Troïka-Dialog. C'est le Consortium aéronautique unifié (OAK) russe qui s'impose sur le marché mondial de l'aéronautique.
Selon l'expert russe, les géants mondiaux habitués à la concurrence réciproque n'ont que deux scénarios à suivre: le premier suppose une concentration face au néophyte suivie de l'évincement de ce dernier du marché; le second prévoit une fusion avec le nouvel acteur face à son rival de toujours.
"Dans une situation où Airbus a perdu son leadership, il est fort probable que ce soit cette compagnie qui cherchera à collaborer avec OAK", explique l'analyste de Troïka-Dialog.
En revanche, il ne faut pas s'attendre à une fusion avec Boeing, ajoute-t-il, car le groupe américain n'a jamais eu de projets couronnés de succès avec des compagnies étrangères.
La coopération avec le groupe aéronautique européen EADS, dont Airbus fait partie, est par contre dans toutes les oreilles: OAK et EADS projettent de concevoir ensemble un cargo Airbus, ce que le ministre de la Défense, Sergueï Ivanov, a récemment confirmé. Mais, contrairement aux prévisions de l'expert, la Russie a reçu début janvier une proposition de Boeing l'invitant à développer des projets conjoints. Le ministre des Transports, Igor Levitine, n'a toujours pas commenté l'initiative de Boeing en se bornant à constater que la question de savoir qui allait coopérer avec OAK et sur quels produits était à l'étude.
D'ailleurs, outre les principaux constructeurs aériens, la Russie négocie également avec la Chine la construction d'une coentreprise chargée de concevoir des avions commerciaux.
Kommersant
L'alerte à l'attentat terroriste : un entraînement?
Le pays a vécu hier dans la crainte d'attentats dans le métro et les transports en commun de surface. La menace a été annoncée par Nikolaï Patrouchev, chef du Comité national antiterroriste (NAK) et directeur du FSB (Service fédéral de sécurité), en ordonnant de mettre les structures de force de tout le pays en état d'alerte renforcée et en invitant les citoyens à "faire preuve de vigilance". Les compagnies de téléphonie cellulaire ont même coupé les communications dans le réseau du métro de la capitale russe.
Ces mesures sans précédent ont été prises en raison des renseignements transmis au NAK par des "partenaires étrangers". Ces renseignements n'ont pas été précisés. Comme on l'a appris, il s'agissait d'un groupe ou de groupes de terroristes disposant de 60 kg d'explosif et du projet de commettre un attentat le 17 janvier dans le métro ou dans les transports en commun de surface d'une ou de plusieurs villes de la Russie : Moscou, Saint-Pétersbourg, Ekaterinbourg, Novossibirsk. Le NAK en a informé d'urgence mercredi la Police des grandes villes du pays.
D'ailleurs, il n'existait peut-être aucune information de partenaires étrangers. Quoi qu'il en soit, l'alerte a été donnée dans toute la Russie peu après la menace anonyme d'explosion parvenue à l'aéroport d'Orenbourg. Mardi soir, la protection du territoire et le contrôle des passagers et des bagages y ont été renforcés. Mais, selon le service de sécurité de l'aéroport, il "travaillait comme à l'ordinaire, il n'y a pas eu retards dans les vols".
Néanmoins, les structures de force ont pris au sérieux la menace anonyme et décidé de prendre un ensemble de mesures spéciales dans les autres grandes villes du pays. Qui plus est, après l'expiration du délai d'amnistie dans le Caucase du Nord, certains dirigeants régionaux ont fait des déclarations grandiloquentes, en disant que la clandestinité terroriste avait été éliminée en Tchétchénie, mais que les terroristes répondent d'ordinaire à ces actions publicitaires par de nouveaux attentats. Prévoyant que les résultats de l'amnistie en Tchétchénie peuvent mettre en doute par l'information, les autorités ont déclaré qu'il n'y avait aucun rapport entre la menace d'attentats en Russie et les événements en Tchétchénie.
Dans la soirée, le NAK a déclaré qu'il s'agissait d'une fausse alerte. "Pour l'instant, l'information transmise par nos collègues étrangers n'a pas été confirmée", a déclaré le porte-parole du Comité Nikolaï Sintsov, en ajoutant que les mesures prises avaient permis de "minimiser la menace d'actes terroristes". Nikolaï Sintsov a remercié la population "pour son civisme et sa vigilance", en faisant savoir que les communications des citoyens avaient permis de découvrir quelques kilogrammes d'explosif dans la région de Tioumen et des paquets contenant une substance suspecte dans une station du métro de Moscou. Après cette déclaration, il est devenu clair que le Comité national antiterroriste a effectué un entraînement avec la participation de toute la société russe.
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