Avenir souverain

Professeur Khiati: “Le médicament est pensé pour des marchés rentables, pas pour l’Afrique”

Alors que les tensions géopolitiques mondiales fragilisent les chaînes d’approvisionnement, l’Afrique se retrouve exposée à un risque croissant de pénuries de médicaments. Entre dépendance structurelle, hausse des coûts et manque d’intérêt des grandes puissances, la question de la souveraineté sanitaire s’impose avec urgence.
Sputnik
Dans cet épisode d’Avenir Souverain, le professeur Mostefa Khiati, pédiatre, médecin-chercheur et président de la Forem en Algérie, analyse sans détour une réalité préoccupante: celle d’un continent dont le système de santé reste profondément vulnérable aux chocs extérieurs.
Selon lui, la crise actuelle ne surgit pas de nulle part ; elle prolonge une fragilité ancienne, longtemps ignorée, aujourd’hui aggravée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et ailleurs. Il rappelle que cette dépendance extrême aux importations, notamment les principes actifs, expose l’Afrique à des hausses de prix incontrôlables et à des ruptures d’approvisionnement, rendant l’accès aux soins toujours plus incertain pour des millions de personnes.

“Nous sommes pratiquement à 100 % dépendants des principes actifs importés, et forcément cela a un coût, un coût qui ne cesse d’augmenter avec le prix du pétrole, du transport et les difficultés d’acheminement. Mais le problème est plus profond [...] ce n’est pas une faille du système mondial, c’est un manque d’intérêt. Le médicament est pensé pour des marchés rentables, pas pour l’Afrique. Aujourd’hui, il est impératif que le continent se réveille, qu’il prenne son destin en main et qu’il mette en place une véritable industrie pharmaceutique pour répondre à ses propres besoins. Cette crise peut être un déclic, à condition d’adopter une démarche commune et une vision à long terme”, a-t-il affirmé.

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