Sans Détour

"Cette globalisation, l'Occident ne l'a vécue que comme la forme moderne de sa domination"

Dans cet épisode de Sans Détour, Régis de Castelnau, avocat, analyse le parallèle entre les conflits en Ukraine et en Iran et la volonté constante de l’Occident d’assurer sa suprématie par la violence.
Sputnik
Selon Régis de Castelnau, la globalisation est un combat pour la domination de l’Occident:
"Il y avait une logique dans le développement de cette globalisation qui était celle de la domination de l'Occident, qui, dans l'histoire, a d'abord été une extension du monde anglo-saxon, et qui après la Deuxième Guerre mondiale et la chute de l'Union soviétique est devenue hégémonique."
Et cette hégémonie s’est toujours appuyée sur la violence:
"Le XIXe siècle, c'était le génocide des Amérindiens, le génocide en Afrique, l'esclavage, la traite atlantique, enfin, je veux dire, à chaque chose ça a été une brutalité inouïe. L'Occident est quand même à l'origine des deux guerres mondiales, la première et la deuxième, qui ont été sans précédent dans l'histoire. L'homme s'est fait la guerre..."
Et, pour Régis de Castelnau, la guerre s’est barbarisée, est sortie du cadre juridique:
"Le secrétaire d'État américain dit, écoutez, les Israéliens étaient partis, on est parti. C'est un casus belli, ça? Le terme latin montre bien que c'est quelque chose qui est dans les normes internationales depuis très longtemps. Et donc, il y avait des règles, on déclarait une guerre, on a réussi à faire adopter des conventions à Genève, il y a eu tout un processus, on a essayé de domestiquer la guerre. Et là, non, pas besoin de casus belli, pas de déclaration de guerre."
Et la situation est la même en Ukraine:
"Il y a eu Minsk 1, Minsk 2, qui sont parrainés et garantis par la France, par l'Allemagne, et qui sont effectivement validées par le Conseil de sécurité de l'ONU. Donc ça a une valeur normative obligatoire. Et là, on a Mme Merkel et François Hollande qui viennent dire, non, on n'a jamais eu l'intention de les appliquer, c'était pour gagner du temps et pour continuer à s'armer et pour pouvoir, le moment venu, installer, parce que c'est ça le projet, installer l'Ukraine dans l'OTAN, et par conséquent, des armes nucléaires à la frontière russe. Et ça, si on se tourne un petit peu vers l'histoire, c'est un casus belli."
Ainsi:
"Tout ce qui constitue des acquis civilisationnels, tout à fait incontestables, avec des limites à apporter aux droits de la guerre, avec les règles particulières, sont abandonnés, et l'Ukraine et l'Iran sont l’exemple."
Pour Régis de Castelnau, la soi-disant " gouvernance par le chaos " n’est qu’une excuse pour masquer sa faiblesse:
"La gouvernance par le chaos, je pense que c'est le défaut de maîtrise face à des limites."
Ce qui va conduire à la chute de l’Occident globalisé:
"Je crois, qu'il n'y a pas de stratégie, c'est un petit peu une bête blessée dont les réactions sont dangereuses, qui a encore des moyens, mais je crois que le déroulement historique va amener à, d'abord à son déclin, son effondrement, je ne pense pas à sa dislocation, on le voit bien en Europe."
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