"Reléguons les armes chimiques au rang de vestiges du passé"

À l’occasion de la Journée du souvenir dédiée à toutes les victimes de la guerre chimique, célébrée ce 30 novembre, l’Onu appelle à mettre fin à ce type d’armes. On ignore souvent le fait que l’usage de telles armes n’est pas l’apanage exclusif de l’Europe. Elles ont également été largement utilisées en Éthiopie dans les années 1930.
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"Reléguons les armes chimiques au rang de vestiges du passé", a déclaré le secrétaire général de l’Onu à la veille de la Journée du souvenir dédiée à toutes les victimes de la guerre chimique.
Sputnik Afrique revient sur les douloureux moments de l’histoire de l'usage des armes chimiques en Europe et en Afrique.
Pour la première fois, ce type d’armes a été utilisé pendant la Première Guerre mondiale. L’Allemagne a attaqué au gaz les troupes anglo-françaises près de la ville belge d'Ypres en 1915. Puis d'autres belligérants y ont eu recours. Au total, toutes les factions ont utilisé 124.000 tonnes d'agents chimiques, tuant 100.000 personnes et en blessant environ un million.

Un gaz mortel utilisé en Éthiopie

Le continent africain, lui, n’est pas non plus épargné. Dans les années 1930, plusieurs milliers d’Éthiopiens ont été victimes des armes chimiques, larguées par l’Italie fasciste. Les faits se sont produits lors de la Seconde guerre italo-éthiopienne en 1935-1936.
Dès le début de la guerre, en octobre 1935, Benito Mussolini envoyait presque quotidiennement des ordres, relatifs à l'emploi des armes chimiques. En décembre 1935, son armée a été autorisée à utiliser, même à grande échelle, toutes armes chimiques et tous lance-flammes. Les attaques ont alors été très intenses: parfois environ 40 tonnes de bombes étaient lâchées en moins de cinq heures, accompagnées de grandes quantités de gaz moutarde.
"Des pulvérisateurs spéciaux étaient installés à bord des avions afin d’épandre une fine pluie mortelle sur de vastes étendues de territoire. Des escadrilles de 9, 15 voire 18 avions volant en file indienne couvraient le ciel d’un épais nuage persistant. C’est ainsi que dès la fin du mois de janvier 1936, soldats, femmes, enfants, bétail, cours d’eau, lacs et pâturages étaient en permanence sous cette pluie mortelle", a dit l’Empereur éthiopien Hailé Sélassié, s'exprimant à la tribune de la Société des Nations en 1936.
"Dans le but d’éliminer systématiquement toute créature vivante, afin d’empoisonner plus sûrement les eaux et les pâturages, le haut commandement italien organisa un ballet incessant d’avions", a-t-il avancé.
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