Quelques conseils sur les moyens de prévenir l'AVC, selon une docteure sud-africaine

L'accident vasculaire cérébral (AVC) est une pathologie grave qui peut causer la mort. Entre dépistage et vie saine, la présidente de l'Association sud-africaine World Stroke Organization a donné au micro de Sputnik Afrique quelques informations importantes le concernant à l’occasion de la Journée mondiale de l'AVC célébrée ce 29 octobre.
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Pour réduire le risque d’un accident vasculaire cérébral (AVC), il est important d'identifier et de traiter les conditions qui y contribuent, connues sous le nom de facteurs de risque modifiables, a déclaré à Sputnik Afrique Patty Francis, présidente en exercice de l'Association sud-africaine de neurologie (NASA) et membre de la World Stroke Organization (Organisation mondiale pour la prévention des AVC), à l'occasion de la journée dédiée à l'AVC.

Qu'est-ce qu'est un AVC?

Un AVC est une diminution de la circulation sanguine dans une partie du cerveau et s'accompagne d'une asymétrie faciale, d'un affaissement du visage, d'une faiblesse du bras, d'un trouble de l'élocution ou d'une difficulté à exprimer des mots, a indiqué Mme Francis en expliquant comment reconnaître une attaque d'apoplexie.

Se faire dépister

Selon Mme Francis, il s'agit notamment de l'hypertension et du diabète, qui peuvent être identifiés par un dépistage de routine et être traités par des médicaments, ainsi que de l’hypercholestérolémie et du VIH, qui sont détectés par une analyse de sang.
"Mais le dépistage de l’hypertension, qui est la première cause de l’accident vasculaire cérébral dans le monde, du diabète, du cholestérol, peut être effectué sans qu'il soit nécessaire d'être admis à l'hôpital ou de disposer d'un équipement trop perfectionné", a-t-elle indiqué.
En ce qui concerne les maladies cardiaques susceptibles de provoquer un accident vasculaire cérébral, Mme Francis a indiqué qu'il existait des tests plus avancés pour les détecter, comme le moniteur Holter de 24 heures ou une puce implantée qui peut enregistrer les rythmes cardiaques pendant une période pouvant aller jusqu'à cinq ans.

Vivre sainement

Selon la docteure, un mode de vie sain devrait jouer un rôle important dans la prévention des accidents vasculaires cérébraux. Elle a souligné que le tabagisme, l'alcool, l'obésité et la faible consommation de fruits et légumes sont des facteurs de risque d'AVC.
"La consommation d'alcool doit également être réduite pour prévenir les accidents vasculaires cérébraux, et le diabète est en partie traité par un changement de régime alimentaire. Arrêtez donc de fumer, arrêtez de boire autant que possible, réduisez votre indice de masse corporelle, augmentez votre activité physique, augmentez votre consommation de fruits et légumes", a-t-elle conseillé.
Mme Francis a cité le stress comme un autre facteur de risque modifié d'accident vasculaire cérébral, car il affecte la tension artérielle et le contrôle du diabète, le besoin et l'envie de fumer, de faire de l'exercice, et augmente donc indirectement la probabilité d'un AVC.
En outre, elle a noté que les femmes atteintes de maladies auto-immunes qui prennent des contraceptifs oraux peuvent développer un accident vasculaire cérébral.

Comment porter secours à une personne victime d'un AVC?

En cas d'AVC, il faut agir rapidement et amener le patient présentant les signes décrits plus haut au centre d'AVC le plus proche, où le caillot à l'origine de l'AVC peut être dissous ou enlevé. Il est important de dissoudre ce bouchon ou de l'enlever dans la première heure.
"Des études scientifiques ont montré que deux millions de neurones meurent chaque minute lorsque le cerveau est privé de circulation sanguine. Par conséquent, chaque minute que le caillot passe dans le vaisseau, il tue deux millions de neurones en aval", a-t-elle fait remarquer.
Mme Francis a également indiqué qu'il fallait faire attention à un signe précurseur de l'accident vasculaire cérébral, l'accident ischémique transitoire (AIT). Dans le cas d'une telle attaque, qui s'accompagne de certains symptômes, un accident vasculaire cérébral se développe généralement dans les sept jours.
"Par exemple, les personnes peuvent ressentir un léger trouble de l'élocution, un affaissement du visage, des picotements dans le bras ou la jambe, ou encore une légère perte de vision, mais la situation se rétablit rapidement".
Si vous présentez de tels symptômes, l'expert vous recommande de consulter d'urgence un médecin.

La vie après l'AVC

Si une personne survit à un accident vasculaire cérébral, elle doit poursuivre son évaluation médicale et la surveillance des facteurs de risque, a précisé Mme Francis.
"Il faut donc faire de l'exercice, perdre du poids, arrêter de fumer et de boire de l'alcool", a-t-elle préconisé.
En outre, les patients ayant subi un AVC doivent améliorer leur mobilité à l'aide d'une canne ou d'un cadre Zimmer, ainsi que leur sécurité à la maison et à l'extérieur en ce qui concerne "les marches, les escaliers, les pavés et les choses qu'ils ne peuvent pas voir clairement ou qu'ils ne peuvent pas parcourir facilement".
De plus, les personnes ayant subi un accident vasculaire cérébral souffrent de dépression post-AVC, a noté l'expert.
"Il ne s'agit pas seulement d'une réaction à la perte d'une fonction, d'une occupation ou d'une identité. Il s'agit également d'un processus biologique dû aux lésions cérébrales [...]. Il existe un fardeau économique important après un accident vasculaire cérébral".
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