Moscou impliqué dans le coup d'État au Niger? Pas possible, selon l’Italie

Contrairement à certaines spéculations, Moscou n'a rien à voir avec la prise du pouvoir par des militaires au Niger, selon le vice-Premier ministre italien.
Sputnik
Il n'y a aucune information indiquant l'implication de la Russie dans le coup d'État au Niger, a déclaré Antonio Tajani, vice-Premier ministre et ministre italien des Affaires étrangères, au journal italien La Repubblica.
"Nous n'avons aucune nouvelle de l'implication de la Russie dans les événements nigériens dans la phase de gestation du coup d'État. Les manifestations avec des photos de Poutine étaient plus anti-françaises qu'autre chose", a-t-il indiqué.

Un coup d'État imprévu

Selon le chef de la diplomatie italienne, le changement de pouvoir dans le pays africain a pris toute l'Europe par surprise. D'autant plus que, fin juillet, le Premier ministre du Niger, Ouhoumoudou Mahamadou, était venu à Rome pour une réunion sur l'alimentation.
"S'il avait eu peur d'un coup d'État, il ne serait pas venu en Italie. Les agents de sécurité du Président ont agi de leur propre chef. Personne n'était au courant, ni les États-Unis ni la France", a conclu M.Tajani.
Vsevolod Tkatchenko, directeur du département Afrique du ministère russe des Affaires étrangères, avait précédemment déclaré à Sputnik que toutes les spéculations sur l'ingérence de Moscou dans la situation au Niger étaient sans fondement et ne visaient qu'à créer de nouvelles accusations.

Le Niger en crise

Le pays, qui célèbre le jour de son indépendance ce 3 août, est secoué par une crise depuis le 26 juillet. La Garde présidentielle a renversé le Président Mohammed Bazoum, élu en 2021.
Le Conseil national de sauvegarde de la patrie (CNSP), présidé par le général Abdourahamane Tiani, tient les rênes du pouvoir alors que Mohamed Bazoum est toujours retenu à Niamey.
Le 27 juillet, le lendemain du coup d’État, Moscou a appelé "les parties au conflit à s'abstenir de recourir à la force et à résoudre toutes les questions litigieuses par un dialogue pacifique et constructif".
La Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) avait donné, le 30 juillet, une semaine au CNSP pour rétablir l’ordre constitutionnel, ainsi que pour faire revenir au pouvoir le Président déchu. Faute de quoi l'organisation aurait recours à une intervention militaire. De nombreux pays, notamment le Mali, le Burkina Faso et la Russie l’ont mis en garde contre une telle pratique.
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