La traite négrière, un écho lointain qui résonne toujours

Sombre page de l’histoire de l’humanité, la traite négrière, dont l’abolition est commémorée ce 23 août, est considérée comme l’une des raisons qui ont freiné le progrès économique, culturel et psychologique des pays africains.
Sputnik
Ce 23 août marque la Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition décrétée par l'UNESCO en 1998.
La date a été choisie en commémoration de l’insurrection dans la colonie française de Saint-Domingue, qui a débuté dans la nuit du 22 au 23 août 1791 et a joué un rôle décisif dans l’abolition de la traite négrière. La révolte populaire marque le début d’une longue période de prise de conscience, d’émancipation qui devait aboutir à l’indépendance d’Haïti le 1er janvier 1804.

Les traites

Au début du XVIe siècle, les Espagnols ont emmené les premiers captifs africains vers les Amériques depuis l'Europe, ensuite, vers les années 1520, directement d'Afrique vers l'Amérique. Les esclaves provenaient principalement de la côte de l'Afrique de l'Ouest, des territoires contemporains du Sénégal, de l'Angola ainsi que du Bénin, du Nigeria et du Cameroun.
De la fin du XVe siècle jusqu’à la fin du XIXe, la traite transatlantique a entraîné la déportation de 12 à 18 millions de personnes, selon les estimations, d’Afrique subsaharienne vers les Amériques. Près de 2 millions d’entre elles ont péri durant la traversée.
Par ailleurs, entre le VIIe siècle et la fin du XIXe, la traite transsaharienne et orientale arabo-musulmane a également déporté entre 12 à 14 millions d’Africains originaires d’Afrique subsaharienne.

Vaste mouvement libérateur

La révolte de Saint-Domingue a inspiré un vaste mouvement d’émancipation vis-à-vis des puissances coloniales. En 1807, les Britanniques ont aboli la traite des esclaves. Le Congrès américain a adopté une loi interdisant l'importation d'esclaves aux États-Unis en 1808, mais l'esclavage lui-même n’a été aboli qu’en 1865.
D'autres pays, comme l'Espagne, la Hollande, la Suède et la France, ont également adopté des lois contre la traite des esclaves dans les années 1820. La France est par ailleurs le premier État à déclarer la traite négrière et l'esclavage "crime contre l'humanité" depuis le 10 mai 2001 avec la loi Taubira.

Réparations et excuses

La fin de la traite négrière qui avait étouffé le progrès économique, culturel et psychologique de l'Afrique a laissé les pays lutter pour se remettre de cet héritage dévastateur.
Puisque la majorité des personnes capturées en Afrique par les esclavagistes européens étaient des femmes en âge de procréer et de jeunes hommes, la traite des esclaves a dévasté la population du continent. Le dépeuplement a également été causé indirectement, car les Européens ont apporté avec eux des maladies mortelles telles que des souches de syphilis et de variole, de typhus et de tuberculose.
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