Les États-Unis dictent ce que l’Afrique peut et ne peut pas acheter à la Russie

Les nations africaines sont libres d'acheter des céréales à la Russie, mais pas des produits sanctionnés par les États-Unis, tels que le pétrole russe, pour ne pas en subir les conséquences, selon l’ambassadrice américaine à l’Onu.
Sputnik
L’ambassadrice des États-Unis auprès de l’Onu Linda Thomas-Greenfield, en visite dans la capitale ougandaise, Kampala, a mis en garde les pays africains contre l’achat de pétrole russe, les menaçant de sanctions, rapporte ABC News.
"Les pays peuvent acheter des produits agricoles russes, y compris des engrais et du blé", a-t-elle déclaré avant d’ajouter que "si un pays décide de s'engager avec la Russie, là où il y a des sanctions, alors il enfreint ces sanctions".
"Nous avertissons les pays de ne pas enfreindre ces sanctions, car alors … ils risquent de s’exposer à des mesures à leur encontre", a-t-elle précisé.

Risques pour l’Afrique

En Afrique, la hausse des prix du pétrole et du gaz renforce l’inflation au Soudan, en Centrafrique, au Tchad, au Congo, les pays les plus pauvres du continent.
Selon le Programme alimentaire mondial, le nombre de personnes touchées par la faim qui est actuellement de 276 millions de personnes pourrait augmenter de 30 à 50 millions.
Les pays africains sont les premiers à ressentir les conséquences de la pénurie de céréales. La Corne de l’Afrique traverse actuellement sa plus forte sécheresse depuis 40 ans. Environ 350.000 enfants risquent de mourir de faim dans les pays de la région, selon l’ONG Oxfam.
Au Maroc, le ministre de l’Agriculture Mohammed Sadiki a regretté en avril que 53% des cultures céréalières aient été perdues à cause de la sécheresse.

Lavrov promet de tout faire pour approvisionner l’Afrique

La tournée africaine de la diplomate, qui, outre l’Ouganda, comprendra des visites au Ghana et au Cap-Vert, intervient une semaine après le déplacement en Afrique du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Le responsable russe avait rejeté les accusations selon lesquelles le conflit en Ukraine serait seul responsable de la grave crise alimentaire dans les pays allant de la Somalie au Soudan du Sud.
Dans un article pour des médias africains publié en prévision de sa tournée africaine, le chef de la diplomatie russe avait indiqué que la Russie continuerait d’honorer ses engagements relatifs aux livraisons de denrées, d’engrais et de vecteurs d’énergie aux pays d’Afrique en dépit des sanctions occidentales.
"La partie russe prend toutes les mesures requises en ce sens."
Il a signalé que les spéculations de la propagande ukrainienne et occidentale à propos de "l’exportation de la famine" par la Russie étaient absolument sans fondement.
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