Pénurie de céréales en Afrique: la Pologne craint une reprise de la crise migratoire

"Nous avons déjà rencontré cette situation il y a plusieurs années et ne voulons pas y revenir". La Pologne a exprimé ses préoccupations sur les conséquences de la pénurie de blé pour l’Afrique et le Moyen-Orient. Ce qui inquiète en premier lieu le Premier ministre polonais, c’est… l’immigration en Europe.
Sputnik
Alors que la Russie et l’Ukraine ont commencé à œuvrer ensemble sur les exportations de blé, avec l’ouverture d’un centre de coordination à Istanbul, le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki craint une nouvelle crise migratoire en Europe en raison d'une pénurie de céréales en Afrique et au Moyen-Orient.
Varsovie est prêt à fournir sa capacité de transit ferroviaire, mais cela ne remplacera pas la possibilité d'exporter les céréales ukrainiennes à travers les ports de la mer Noire, a-t-il déclaré le 28 juillet lors d'une conférence de presse avec le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez.
"C'est une question très importante, car le manque d'exportation peut entraîner d'énormes déficits [...] en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Et cela peut à son tour conduire à la famine, à l'inflation et, par la suite, à une crise économique profonde dans ces pays, ce qui, à son tour, peut se traduire par un niveau très élevé de migration vers l'Europe et une grande tension sur la ligne Europe-Afrique, que nous avons déjà rencontrée il y a plusieurs années et ne voulons pas revenir à cette situation", a-t-il noté.
L’homme politique a souligné que l’exportation complète des céréales ne peut être organisée que par les ports de la mer Noire.
"La Pologne est prête, et nous le faisons tout le temps, à fournir nos chemins de fer aux conditions du transit des céréales. Cependant, vous devez savoir que rien ne peut remplacer la possibilité d'exporter des céréales via le port d'Odessa et d'autres ports de la mer Noire", a déclaré le Premier ministre.

Accords d’Istanbul sur le blé

Le 22 juillet, à Istanbul, des accords multilatéraux ont été signés sur la levée des restrictions à l'approvisionnement en produits russes destinés à l'exportation et sur l'aide de la Russie à l'exportation de céréales ukrainiennes.
L'accord, qui a été signé par des représentants de la Russie, de la Turquie, de l'Ukraine et de l'Onu, implique l'exportation de céréales, de nourriture et d'engrais ukrainiens à travers la mer Noire à partir de trois ports, dont Odessa.
Lors de sa visite au Caire, Sergueï Lavrov a dénoncé le minage des ports par les militaires ukrainiens. Le ministère turc a déclaré qu'actuellement, il n'y avait pas besoin d'un déminage en mer Noire pour la circulation des navires.
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