La France se prononce contre une réduction de consommation de gaz uniforme en Europe

La Commission européenne a proposé aux États-membres de mettre en place un plan de réduction de consommation de gaz de 15%. Toutefois, plusieurs pays ont exprimé leur désaccord dont la France.
Sputnik
La France n’est pas d’accord avec la proposition émise par la Commission européenne portant sur un objectif uniforme de réduction de consommation de gaz en Europe. L’entourage de la ministre de la Transition énergétique a expliqué que cette mesure n’était pas adaptée à la réalité de chacun.

"On ne souhaite pas introduire des objectifs uniformes qui ne seraient pas adaptés à la réalité de chacun et qui finalement n’auraient pas d’incidence sur notre capacité à exporter du gaz chez nos voisins"

Paris insiste néanmoins sur l’impératif de solidarité avec l’Allemagne qui est très dépendante du gaz russe en rappelant que les économies des deux pays sont très étroitement liées. L’entourage de la ministre a déclaré vouloir faire le maximum pour aider les partenaires européens, mais que cela ne servait à rien de faire des efforts supplémentaires qui n’auraient pas d’effets sur la capacité à aider les pays voisins.

Quel est ce plan ?

Le plan de Bruxelles prévoit que chaque pays devra "faire tout son possible" pour réduire, entre aout 2022 et avril 2023, sa consommation de gaz d’au moins 15% par rapport à la moyenne des cinq dernières années sur la même période.
Un mécanisme d’alerte est prévu en cas de "risque de grave pénurie". Après consultation des états membres, celui-ci rendrait contraignante la réduction de 15% de la consommation pour les Vingt-Sept.

Désapprobation sur fond d’inquiétudes

La France n’est pas le seul pays européen à avoir exprimé son désaccord sur le projet. Bloomberg rapporte que la Grèce, l’Espagne, le Portugal, la Pologne, l’Italie ainsi que la Hongrie se sont opposés à ce projet. Le ministre des Affaires étrangères hongrois, Péter Szijjártó a par ailleurs visité Moscou le 21 juillet afin de d’obtenir un approvisionnement supplémentaire de gaz, une démarche allant à contre-courant des aspirations européennes de réduction de la dépendance au gaz russe.
À partir du 27 juillet, Gazprom va réduire les exportations de gaz vers l’Europe en faisant transiter par le gazoduc Nord Stream 33 millions de mètres cubes par jour au maximum, soit à 20% de sa capacité totale. Auparavant, il fonctionnait à 40% de sa capacité, ce qui suscitait déjà des interrogations en Europe quant à l’approvisionnement des entreprises et des particuliers.
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