Présidentielle française 2022

Éric Woerth, ex-ministre de Sarkozy, rallie Macron

Éric Woerth a apporté son soutien à Emmanuel Macron pour la présidentielle, au lieu de la candidate de son parti, Valérie Pécresse. Le président LR Christian Jacob a exigé qu'il quitte les rangs.
Sputnik
Le député Les Républicains (LR) Éric Woerth, ancien ministre du Budget de Nicolas Sarkozy, annonce mercredi dans un entretien au Parisien son ralliement à Emmanuel Macron pour l'élection présidentielle d'avril, jugeant le Président sortant mieux placé que la candidate de son parti, Valérie Pécresse, pour défendre "les intérêts de la France et des Français".
"Je ne suis pas transgressif par nature, je comprends que cela puisse susciter de la surprise. Mais je pense profondément qu'un second mandat d'Emmanuel Macron serait une chance pour la France, comme ça aurait été le cas pour Nicolas Sarkozy", a dit au Parisien le député de l'Oise, qui préside la commission des finances de l'Assemblée nationale, une fonction réservée à un élu d'opposition.
Éric Woerth précise ne rallier ni La République en Marche, ni la majorité actuelle et dit rester "un homme de droite républicaine", en jugeant qu'"Emmanuel Macron n'est pas plus de gauche que moi".
Assurant avoir "du respect et de l'amitié" pour Valérie Pécresse, il explique ne pas adhérer au discours de LR décrivant selon lui "une France nostalgique, recroquevillée sur elle-même".
"On ne peut pas, par ailleurs, n'être obnubilé que par l'islamisme radical, même si c'est fondamental", poursuit-il.

Vers un départ?

Le président du groupe LR à l'Assemblée, Damien Abad, a déclaré sur BFM TV regretter qu'"à l'infidélité s'ajoute l'inélégance de ce départ" et demandé via Twitter à Éric Woerth de quitter "en cohérence" la présidence de la Commission des finances.
La même demande a été faite par le président de LR Christian Jacob, qui s'est dit déçu à l'AFP. Selon lui, Éric Woerth ne peut "en aucun cas" rester au parti.
Plusieurs ministres ont au contraire salué le ralliement du député de l'Oise au camp Macron, celui de l'Intérieur, Gérald Darmanin, lui-même ancien LR, souhaitant la bienvenue à une "grande voix de la droite gaulliste et libérale dans le rassemblement qui soutiendra Emmanuel Macron".
Valérie Pécresse est régulièrement donnée par les instituts de sondage au coude à coude avec Marine Le Pen et Éric Zemmour dans les intentions de vote pour le premier tour, le 10 avril, une dizaine de points derrière Emmanuel Macron.
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