Cette réunion, qui se tient dans le cadre de la présidence française du Conseil de l'UE, doit débattre des pratiques et examiner les pistes à privilégier pour amplifier le stockage du carbone dans les sols en vue d’atteindre l'objectif de neutralité en 2050.
Si le diagnostic est partagé, les modalités de mise en œuvre restent à préciser, alors que "l'agriculture bas-carbone" fait l'objet d'un projet législatif de la Commission attendu fin 2022.
La neutralité carbone se définit comme la capacité à séquestrer autant de carbone que ce qui est émis, en considérant l'ensemble des gaz à effet de serre (GES) responsables du changement climatique. Cette neutralité peut être atteinte par deux leviers: la réduction des émissions de GES et l’augmentation des puits permettant la séquestration du carbone pour compenser les émissions incompressibles.
La réunion de Strasbourg doit "nourrir la réflexion" des vingt-sept en amont de la mise en oeuvre d'un cadre réglementaire pour la certification des absorptions de carbone.
L’objectif de cette réunion, selon le ministère français de l’Agriculture, consiste à avancer collectivement afin que le futur cadre européen réponde aux défis qui se posent aux secteurs agricole et forestier pour participer pleinement à l’atténuation du changement climatique.
L'agriculture représente environ 10% des émissions européennes de gaz à effet de serre. En France, premier producteur agricole de l'UE, elle représente 19%.
La France, qui a fait de la question climatique une priorité de sa présidence de l'Union européenne, veut concilier l'objectif environnemental de séquestration de CO2 dans les sols et celui de valorisation économique, avec l'émission de crédits carbone agricoles.
À Strasbourg, le ministre français de l’Agriculture Julien Denormandie va plaider pour un cadre de certification européen clair et transparent qui garantisse un impact vérifiable, de nature à rassurer les investisseurs. Il va aussi vanter le "Label bas-carbone" français, qui s'appuie sur une dizaine de méthodes couvrant les différents secteurs (forêt, viticulture, élevage, grandes cultures).