Un maire français convoqué à la gendarmerie pour avoir décroché le portrait de Macron

Le maire d'une commune française du Tarn-et-Garonne était convoqué chez les gendarmes vendredi 4 février. L’élu avait décroché le portrait du Président de sa mairie suite aux propos de celui-ci sur les non-vaccinés dans une interview pour Le Parisien. Il l’avait renvoyé à la préfecture en joignant une lettre qui n’a pas été du goût de la préfète.
Sputnik
Chantal Mauchet, préfète du Tarn-et-Garonne a contre-attaqué. Nils Passédat, maire de Lavaurette, avait décroché et renvoyé à la préfecture le portrait d’Emmanuel Macron en janvier dernier. Celui-ci a été convoqué chez les gendarmes le 4 février pour répondre des accusations d’outrage à personne dépositaire de l’autorité publique, ainsi que ses deux adjoints.
Il lui est reproché d’avoir employé des termes virulents dans la lettre accompagnant le portrait adressée à Mme la préfète. Dans ce courrier obtenu par France 3, M.Passédat demande à la représentante de l’État si elle préfère suivre le chemin de Jean Moulin ou celui de Maurice Papon. Il lui propose de recycler le portrait dans les latrines de la République.
Celle-ci, en réponse, a fait un signalement au procureur qui a ouvert une enquête. Suite à l’audition, le maire a tenu à s’exprimer sur les faits qui lui sont reprochés. Il a expliqué ne pas reconnaître les chefs d’accusation et s’est justifié en disant avoir repris la même terminologie que le Président.
"C’est lui qui nous autorise à utiliser ce genre de vocabulaire [latrines, ndlr] quand il parle d’emmerder les non-vaccinés. J’ai précisé que cette action était faite dans le sens du respect de la fonction présidentielle qui a été outragée par celui qui l’occupe."
Nils Passédat a à son tour porté plainte le 18 janvier contre la préfète pour abus de pouvoir et à l’encontre du chef de l’État pour outrage à la fonction présidentielle. Il reproche à la représentante de l’État dans le département de lui avoir ordonné de remettre le portrait du Président dans sa mairie.
L’élu, qui a déclaré à La Dépêche avoir offert des croissants aux gendarmes et bu le café avec eux, se dit confiant quant à la suite de la procédure lancée à son encontre. La procureure de la République de Montauban, Anne Gaullier, doit désormais décider de classer l’affaire ou de poursuivre les trois élus si les charges retenues sont suffisantes.
Il a ajouté être toujours en attente d’une réponse de la magistrate par rapport à des signalements qu’il a adressés en 2015 suite à la présence d’un homme condamné pour viol qui faisait des repérages dans la commune.

Pas un maire "anti-vax"

L’édile a annoncé au quotidien régional avoir reçu des centaines de courriels de soutien envoyés de toute la France et du monde entier par des Français de l’étranger. Il se défend d’être un opposant à la vaccination obligatoire.
"La préfète n’a pas compris que cela n’a rien à avoir avec la vaccination. Ce sont les propos du Président disant +vouloir emmerder les non-vaccinés… jusqu’au bout+ et +qu’un irresponsable n’est plus un citoyen+ qui nous ont amenés à cette réaction. Le Président de la République dit en clair que certains Français ne sont plus des citoyens parce qu’ils ne sont pas vaccinés, c’est du délire total, un outrage à sa fonction. C’est parce que nous respectons la fonction présidentielle que l’on a réagi ainsi."
Il a également pu compter sur le soutien de ses habitants qui sont venus l’accompagner à son audition à la gendarmerie. La Dépêche rapporte qu’une centaine de résidents du village de l’élu étaient présents devant la brigade.
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