Garanties de sécurité Russie-Otan

Le Pentagone révèle la composition de ses forces armées à envoyer en Europe

Malgré les tentatives de Moscou et de l’Alliance de trouver un consensus sur les garanties de sécurité en Europe, l’Otan indique envisager de renforcer sa présence militaire dans l’est. Commentant ce projet dénoncé par la Russie, le chef du Pentagone a évoqué plusieurs unités aéroportées d'élite qui pourraient y être envoyées.
Sputnik
Lors d’un point presse le 27 janvier, le porte-parole du Pentagone, John Kirby, a révélé la composition des forces américaines qui pourraient être déployées au sein des troupes de l’Otan en Europe de l’Est sur fond des tensions autour de l’Ukraine.
Selon lui, il s’agit notamment d’unités de la 82e division aéroportée, du 18e corps aéroporté, de la 101e division aéroportée, et des militaires de la 4e division d'infanterie. John Kirby a souligné que le Pentagone ne publiera pas une liste complète de toutes les unités qui seront placées sur les ordres de préparation au déploiement.
Il a par ailleurs noté que les États-Unis n'avaient pas encore pris de décision sur le début du déploiement des troupes dans les pays d'Europe de l'Est, qui devrait avoir lieu sous les auspices de l'Otan.

Renfort de la présence militaire dans l’est

Le 24 janvier, le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, a déclaré que l’Alliance était prête à augmenter sa présence à l'est en y dépêchant notamment des groupements tactiques supplémentaires. Selon lui, environ 8.500 militaires ont été placés en état d’alerte à ces fins. Le même jour, l’Otan a annoncé avoir mis ses forces en état d’alerte et envoyé des navires et des avions supplémentaires en Europe de l’Est.
En réaction, Moscou a dénoncé le 27 janvier la déclaration de Jens Stoltenberg qui "crée un contexte défavorable au dialogue sur les garanties de sécurité".

"La Russie ne menace personne", assure Alexeï Zaïtsev, chef adjoint du département de l'Information du ministère russe des Affaires étrangères. "Nous comprenons pourquoi l'Otan attise l’hystérie à propos de la menace russe dans les pays de l'Alliance: sinon, comment pourrait-elle expliquer et justifier autrement la nécessité d’une dissuasion militaire de la Russie".

Dialogue sur les garanties de sécurité

Sur fond de crise en Ukraine, la Russie a présenté le 17 décembre ses projets d’accord sur les garanties de sécurité aux États-Unis et à l’Otan visant à empêcher tout nouvel élargissement de l’Alliance atlantique à l’Europe de l’Est et de bases militaires américaines.
Les deux documents, intitulés "traité entre les États-Unis et la Russie sur les garanties de sécurité" et "accord sur les mesures pour assurer la sécurité de la Russie et des États membres" de l’Otan, ont fait l’objet ces dernières semaines d’âpres discussions entre Moscou et Washington.
Le 26 janvier, Washington et l’Otan ont remis à Moscou leurs réponses écrites aux propositions russes sur les garanties de sécurité en Europe.
Selon le secrétaire d’État Antony Blinken, la réponse – que les États-Unis ne veulent pas rendre publique – contient les préoccupations de Washington et de ses alliés, ainsi que des propositions dans les domaines où les deux pays pourraient trouver un terrain d'entente.
Ce 28 janvier, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a déclaré que les réponses des États-Unis et de l'Otan ne pouvaient satisfaire la Russie sur le problème principal: "Pourquoi l'Occident ne remplit-il pas ses obligations sur l'indivisibilité de la sécurité et ignore-t-il les intérêts russes?".
Il a ajouté que Moscou ne changera pas sa position sur les questions de garanties de sécurité; ne jugeant pas ses propositions démesurées. Selon lui, la Russie continuera à réclamer des clarifications à Washington sur son interprétation de l'engagement pris au sein de l'OSCE sur l'inadmissibilité d’assurer sa propre sécurité au détriment de celle des autres.
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