Présidentielle française 2022

"À la niche! La paix le chien!": Mélenchon s’emporte face à Zemmour sur l’immigration

MM. Mélenchon et Zemmour ont tenu un débat mouvementé sur C8, entre invectives et interruptions, concernant des sujets sur lesquels ils sont radicalement opposés. Le candidat de La France insoumise a également été critiqué pour ses propos envers les policiers.
Sputnik
Après un premier affrontement en septembre dernier sur BFM TV, Jean-Luc Mélenchon et Éric Zemmour ont tenu un deuxième round enflammé jeudi 27 janvier sur C8 dans "Face à Baba" pendant plus d’une heure, bien que l’émission fut davantage consacrée au candidat de La France insoumise. En total désaccord sur tous les sujets évoqués, les deux hommes ont enchaîné les accusations.
Sans surprise, le débat s’est particulièrement axé autour de l’immigration, thématique chère à l’ancien polémiste. En pleine querelle autour du renvoi des clandestins et au sujet des frontières, M. Mélenchon a reproché à son antagoniste de "parler tout le temps", avant de l’exhorter à aller "à la niche". "Ah, la paix le chien!", a-t-il enchaîné.
"Vous ne me parlez pas comme à un chien! Ok Mélenchon?", a rétorqué M. Zemmour. "Vous êtes un aboyeur", a-t-il poursuivi, prolongeant le champ lexical canin. Pour M. Zemmour, "la France de M. Mélenchon c’est l’Afghanistan à deux heures de Paris", en référence au documentaire "Zone interdite" sur Roubaix qui avait fait polémique cette semaine. "Vous êtes là pour diviser le peuple, pour que les gens se haïssent entre eux", lui a reproché ce dernier, le qualifiant de "facho".

Violences policières

Jean-Luc Mélenchon a ensuite défendu ses propositions pour lutter contre la pauvreté face au chroniqueur pro-Pécresse Charles Consigny, puis a vanté son programme écologique avec le journaliste Aymeric Caron, avant d’évoquer "le droit de changer de sexe" devant la journaliste du Figaro Eugénie Bastié. Il a finalement parlé de son programme concernant la police, qu’il compte "refonder de la cave au grenier".
Face à Sofia Chouviat, fille de Cédric Chouviat, le livreur mort à Paris après un contrôle de police en janvier 2020, M. Mélenchon a estimé que la police l’avait "assassiné" car il avait crié "j’étouffe" [comme l’a révélé une vidéo de Libération publiée le 25 janvier, ndlr]. "Ils ont été couverts par les organisations policières d’un bout à l’autre", a dénoncé le candidat.
"Il affirme donc que le meurtre a été prémédité. Une enquête est toujours en cours, mais il bafoue toutes les règles de notre justice", a commenté sur Twitter le porte-parole du syndicat des commissaires de police Matthieu Valet.
Cette intervention a également déplu au député La République en marche François Jolivet: "Jean-Luc Mélenchon lynche les policiers […]. Les généralités absolues, sans aucune nuance, sont insupportables". Même le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a réagi ce vendredi, dénonçant "des attaques ad hominem contre la légitime autorité de la République".
"Ceux qui se sont rendus coupables d’actes criminels seront punis, et certains ne seront plus membres de la police nationale parce qu’ils en sont indignes", a promis M. Mélenchon s’il était élu, précisant qu’il interdirait les méthodes de plaquage et d’étranglement lors des interpellations.
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