"Fils de p*te": le sujet de l'inflation est-il si sensible que Biden en insulte les journalistes?

Nouvelle journée désastreuse pour le Président Biden, surpris à traiter un journaliste de Fox News de "stupide fils de p*te" pour avoir posé une question sur l'inflation galopante. La hausse des prix est devenue le sujet politique numéro un pour le Président, d’autant qu’aux États-Unis, elle a atteint 7%, un niveau inédit depuis 1982.
Sputnik
Avec une inflation à 7%, le Président Biden ne peut plus qu’en plaisanter ou... s’irriter. Lors d’une conférence de presse, le Président américain s’est laissé aller à insulter un journaliste de Fox News, s’attirant une énième polémique.
Confronté à une question sur l'inflation qui pourrait le handicaper politiquement, Joe Biden a murmuré "What a stupid son of a bitch", ce qui se traduit littéralement par "Quel stupide fils de p*te".
S’agit-il d’une nouvelle gaffe ou d’un dérapage assumé? L’insulte se retrouve même dans la retranscription de la conférence par la Maison-Blanche.
Le démocrate de 79 ans fait face à une cote de popularité faible, désormais à 39%. Seul Trump avant lui a fait pire. Son prédécesseur était régulièrement vilipendé pour ses outrances verbales et ses diatribes contre les médias. Toutefois, si Trump avait tenu de tels propos, les médias français en auraient certainement fait leur Une. Dans ce cas précis, plusieurs d’entre eux ont choisi de traduire "stupid son of a bitch" par "connard" plutôt que "stupide fils de p*te", ce qui atténue la gravité de l’insulte.
En 2021, le démocrate est entré à la Maison-Blanche en battant un Président historiquement impopulaire, Donald Trump. L'administration du Président Joe Biden a fêté son premier anniversaire le 20 janvier. Toutefois, son bilan laisse songeur.

Flambée des prix

L'inflation, à un niveau inédit en 40 ans, affecte particulièrement les Américains à moins de dix mois des élections de mi-mandat, qui s'annoncent particulièrement compliquées pour les démocrates. Hors énergie et alimentation, la progression s’élève à 5,5%, d’après les statistiques publiées le 12 janvier par le Bureau of Labor Statistics, soit une forte poussée par rapport à novembre 2021 (4,9%).
Sur un an, le prix de l’essence a augmenté de moitié et celui des véhicules neufs de 11,8% (+37% pour ceux d’occasion). Le coût du logement, de son côté, s’est apprécié de 4,1%, celui des transports de 4,2% et celui de l’alimentation de 6,1%.
La Banque centrale américaine (Fed) se prépare à relever ses taux directeurs pour lutter contre la flambée des prix et décidera, lors de sa réunion ces mardi et mercredi, du rythme et de l’ampleur du mouvement.
À son tour, le Président ne fait que rassurer la population, affirmant que la lutte contre l’inflation exigera un effort "de longue haleine" et jugeant "approprié" pour la Fed "de recalibrer (son) soutien". "L'inflation est entièrement due à la chaîne d'approvisionnement", a-t-il accusé lors de sa conférence de presse le 19 janvier.
Le phénomène a même reçu le nom de "Bidenflation", donné par l’opposition républicaine qui accuse Joe Biden d'avoir provoqué une telle envolée des prix avec des plans de relance et des dépenses trop importantes. Il s’agit notamment du plan d'urgence de 1.900 milliards de dollars que Biden avait fait adopter en mars 2021, juste après son arrivée à la Maison-Blanche. Les républicains s'y étaient alors fermement opposés.
Sa secrétaire au Trésor a évoqué sur CNBC le 20 janvier "toutes les mauvaises choses (...) qui auraient pu se produire sans les interventions que nous avons faites avec le plan de relance américain", comme "un taux de chômage élevé" durable ou l'aggravation de la "pauvreté chez les enfants". Elle a aussi jugé possible de ramener l'inflation autour de 2% d'ici fin 2022.
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