Le limogeage du chef de la marine allemande pour des propos sur la Russie continue de faire réagir

"J’aurais empêché son limogeage". Un ex-inspecteur général de la Bundeswehr estime que le chef de la marine allemande congédié pour avoir dit que la Crimée ne sera plus jamais ukrainienne n’a commis aucune faute disciplinaire et que la situation aurait pu être gérée autrement.
Sputnik
L’ancien inspecteur général de la Bundeswehr Harald Kujat a critiqué le traitement de l’affaire du chef de la marine allemande Kay-Achim Schönbach qui avait tenu des propos peu appréciés par sa hiérarchie sur la Crimée, l’Ukraine et Poutine.
Intervenant lors d’une réunion d’un groupe de réflexion à New Delhi, le vice-amiral Schönbach avait qualifié d’"ineptie" l’idée que la Russie envisageait d’envahir une partie de l’Ukraine, estimant que Vladimir Poutine "méritait d’être respecté" et reconnaissant que la Crimée était "partie et ne reviendra pas" à l’Ukraine.
"Si j'étais encore en fonction, je me serais tenu du côté de l'amiral Schönbach et j'aurais essayé d'empêcher son limogeage par tous les moyens", a déclaré M.Kujat dans une interview à tagesschau 24.

Pas de raisons disciplinaires à sa démission

L’ancien haut gradé a douté du fait que les déclarations du désormais ex-chef de la marine allemande soient une infraction disciplinaire.
"Il aurait commis une faute disciplinaire s'il avait gravement porté atteinte à la réputation de la Bundeswehr", a indiqué le général à la retraite, ajoutant qu’il ne voyait rien en ce sens.
En outre, les propos de Schönbach reflétaient, selon lui, la position américaine, "donc celle de l’allié le plus proche de l’Allemagne".

Ne pas parler de la guerre, mais de la manière de l’éviter

En ce qui concerne la situation de l’Ukraine, le général à la retraite avance qu’"il doit être dans notre intérêt d’arriver à un résultat raisonnable, de désamorcer et aussi de parvenir à une détente avec la Russie et, bien sûr, toujours en tenant compte des intérêts de sécurité de l'Ukraine".
Selon lui, il n’est pas possible que "nous ne parlions toujours que de guerre et non de la manière dont une guerre peut être évitée".

Critiques, irritation et mea culpa

Les déclarations de Kay-Achim Schönbach en Inde ont suscité de vives critiques en Allemagne et de l’irritation en Ukraine.
Le ministère allemand de la Défense s’en est distancié, indiquant qu’elles "ne correspondent en rien" à la position officielle.
L’ambassadrice d’Allemagne à Kiev, Anka Feldhusen, a été convoquée par le ministère ukrainien des Affaires étrangères.
Face à cette réaction, M.Schönbach avait posté un tweet précisant que ses déclarations n'engageaient que lui avant de présenter des excuses et de qualifier ses propos d'irréfléchis.
Il a finalement demandé sa démission et doit être temporairement remplacé par le contre-amiral Jan Christian Kaack.
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