En Normandie, un logement appartenant à la mairie transformé en squat

Dénonçant "l’inaction des pouvoirs publics" face au problème des migrants qui vivent dans des conditions indignes le long du canal de Caen, à Ouistreham, l’Assemblée générale de lutte contre toutes les expulsions a réussi à officialiser un squat. Les militants sont parvenus à investir un logement appartenant à la mairie.
Sputnik
À Ouistreham, en Normandie, où depuis plusieurs années se trouve un campement de migrants soudanais, l’Assemblée générale de lutte contre toutes les expulsions s’est félicitée d’avoir réussi à ouvrir un squat censé permettre l’accès aux exilés "à l’eau potable, à des sanitaires et à un toit".
La maison désormais occupée, qui est restée vide pendant deux ans, appartient à la mairie de cette commune normande. L’action a été effectuée de concert avec des membres du collectif Citoyen-ne-s en lutte Ouistreham et de l’Union communiste libertaire.

Troisième tentative

France 3 Régions précise que les militants de ces collectifs sont toujours confrontés à des difficultés quand il s’agit de l’inauguration de squats pour les personnes démunies. Cette fois, après avoir investi une maison rue Marthe-Janvier, ils se sont fait livrer des fleurs, ce qui a prouvé cette installation. 48h après, ils ont pu l’officialiser.
"La gendarmerie est passée samedi après-midi. Nous attendons désormais le passage de l'huissier. Après deux tentatives qui se sont soldées par deux échecs, la 3e fut la bonne avec un premier squat, qui tient à Ouistreham", ont précisé les militants au média.
La date du 22 janvier, lorsque l’ouverture du squat a été officialisée, marque l’anniversaire de la mort de l’abbé Pierre et relève donc d’un "clin d’œil" au prêtre le plus connu de France, fondateur de l’organisation Emmaüs luttant contre l’exclusion.

"L’inaction des pouvoirs publics"

Alors que la bâtisse accueille désormais six personnes, la cinquantaine de migrants soudanais qui habitent dans un campement proche peuvent accéder à tour de rôle "à des conditions de vie décentes", explique l’Assemblée générale de lutte contre toutes les expulsions.
Une militante pointe à son tour à France 3 Régions que "cette occupation est une réponse à l’inaction des pouvoirs publics depuis plus de quatre ans sur Ouistreham".
Comme le précise Liberté - Le Bonhomme libre, les personnes fraîchement installées vivaient jusque-là dans un camp de fortune le long du canal de Caen. Cet endroit se situant à l’arrivée sur la station balnéaire, il est espéré comme une porte d’entrée vers l’Angleterre, mais en réalité il s’avère être une impasse.
"On ne veut pas qu’ils restent là, mais l’Angleterre n’en veut pas non plus. Nous faisons ce que les pouvoirs publics, à notre sens, devraient faire: leur permettre de vivre dans des conditions décentes, avec accès à l'eau potable, à l'électricité et à des sanitaires", explique toujours auprès du même média l’Assemblée générale de lutte contre toutes les expulsions.
Il s’agit du septième hébergement ouvert par l’association après ceux situés à Caen, Fleury-sur-Orne, Mondeville et Colombelles.
Sur son site, l’Assemblée générale de lutte contre toutes les expulsions rappelle que les personnes en question ont besoin "de produits alimentaires, d’hygiène et ménagers" et qu’"un maximum de soutien aux occupants serait bienvenu tout au long du week-end".
Contacté par Sputnik concernant l'officialisation du squat, la mairie d'Ouistreham n'a pas répondu à nos sollicitations au moment de la publication de l'article.
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