Trois protocoles en 10 jours: bonnet d’âne pour Blanquer pour sa gestion de la crise

Le jour de la grève des enseignants, plusieurs candidats à la présidentielle ont exprimé leur soutien aux manifestants, critiquant les politiques relatives à la gestion de la crise dans le système éducatif. Mis en cause, le ministre de l’Éducation insiste: son objectif est de garder l’école ouverte.
Sputnik
Le 13 janvier, jour de la mobilisation du personnel éducatif mécontent de la valse des protocoles sanitaires à l’école, Éric Zemmour a exprimé son soutien au corps enseignant.

"Je pense que le gouvernement fait n’importe quoi et qu’il pourrit la vie des enfants d’abord. Et c’est le plus grave. On voit des enfants pleurer et refuser d’aller à l’école, ils n’en peuvent plus des masques et des tests permanents. Les professeurs ne peuvent plus travailler dans des conditions correctes", lance le candidat, invité sur France2.

Pour lui, il est important de prendre des mesures "pérennes puisqu’on va vivre avec", ajoutant que "cette épidémie devient endémique. Il ne faut plus de masques pour les enfants, plus de pass vaccinal […] et il faut proposer aux gens vraiment à risque de se faire vacciner".
L’ex-polémiste n’était pas le seul à critiquer les mesures prises par l’exécutif. Anne Hidalgo, maire de Paris et candidate socialiste, a également dénoncé le 13 janvier l’incapacité de l’exécutif de gérer la crise dans le milieu éducatif.

"L’école a été très largement abîmée, et notamment par la politique conduite largement par Emmanuel Macron avec son ministre Jean-Michel Blanquer […]. Ils ont été infoutus dès le début de cette pandémie de livrer des masques, infoutus de travailler en partenariat avec les enseignants et les parents, infoutus de déployer, alors que tous les maires en étaient là à accompagner, les politiques relatives aux tests", lâche-t-elle le 13 janvier sur France Inter.

Selon elle, "la goutte de trop, ça été le protocole envoyé dimanche soir [le ministre de l’Éducation nationale a dévoilé les nouvelles mesures sanitaires qui s'appliquent à l’école dans un entretien au Parisien dimanche 2 janvier, ndlr] par la presse, que tous les enseignants, les parents, les maires, ont découvert dans Le Parisien".
Même son de cloche chez Jean-Luc Mélenchon (LFI). "Les enseignants sont encore un peu plus asphyxiés par les conditions dans lesquelles ils doivent exercer leur métier", a-t-il réagi en se ralliant aux manifestants le 13 janvier.

"C'est ça qu'a réussi Blanquer: il a à moitié démoli l'école, mais il a réussi à mettre tout le monde d'accord à l'école, c'est pas mal", poursuit-il, cité par Reuters.

L'écologiste Yannick Jadot est quant à lui allé jusqu’à demander le départ du ministre de l’Éducation:

"Il faut que le Président de la République entende ce ras-le-bol, change son ministre, ne serait-ce que pour renouer le dialogue avec la communauté enseignante, mais surtout fasse ce qu'il faut pour que nos élèves, leurs parents et les enseignants vivent ce moment avec un peu de stabilité".

Forte mobilisation

Près de 78.000 enseignants ont manifesté en France le 13 janvier, dont 8.200 à Paris.
En à peine une semaine depuis la rentrée, les règles du gouvernement ont changé trois fois. Dernièrement, lundi 10 janvier, le Premier ministre avait informé dans le journal de France 2 que des "simplifications" allaient être apportées. Cette énième adaptation a poussé les fonctionnaires de l’Éducation nationale à faire grève.
Près de 38,5% des enseignants se sont mis en grève dans les écoles maternelles et élémentaires, selon le ministère de l'Éducation, et 75% selon le SNUipp-FSU. Dans les collèges et lycées, 23,7% étaient mobilisés, d’après le ministère. Le syndicat Snes-FSU a lui avancé le chiffre de 62% de grévistes.

Politique de l’école ouverte

À l’issue de la journée de grève, les syndicats enseignants ont été reçus par Jean Castex et ont échangé avec le ministre de la Santé. Jean-Michel Blanquer a annoncé la mise à disposition de cinq millions de masques FFP2 pour les enseignants de maternelle sur demande, et la distribution de masques chirurgicaux pour les personnels de l'éducation. Il a également promis "plusieurs milliers" de remplaçants pour faire face à la crise, avec le recrutement de 3.300 contractuels de plus.
Le ministre de l’Éducation n’a cessé de répéter que son objectif principal était de garder l’école ouverte.

"Internationalement, il est reconnu que la France est les pays qui a réussi justement cette politique de l’école ouverte", soulignait-il déclaré le 12 janvier devant les sénateurs.

"Le protocole a évolué parce que la situation est nouvelle et que Omicron pose des problèmes spécifiques ", justifiait-il sur Twitter le même jour.
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