Les fraudes au chômage partiel ont explosé depuis la crise sanitaire, selon Europe 1

En 2020 et 2021, les gendarmes spécialisés dans la lutte contre la fraude sociale ont été saisis de 13 affaires, la plupart concernant le chômage partiel, selon Europe 1. Plusieurs candidats à la présidentielle ont dénoncé l’inaction de l’État en la matière.
Sputnik
De zéro en 2019, l'Office central de lutte contre le travail illégal (OCLTI) a été saisi de 13 affaires de fraude sociale en 2020 et 2021, selon Europe 1. La plupart de ces escroqueries concerneraient le chômage partiel: des entreprises ont ainsi détourné des aides financières de l’État dans le cadre de la crise sanitaire. À elle seule, cette fraude constituerait une perte estimée à 225 millions d’euros.
Si le nombre d’affaires traitées peut paraître faible, cela concerne parfois des réseaux à l’origine de milliers d’escroqueries. Cela avait été le cas en février dernier lorsque les renseignements avaient mis fin à un réseau sollicité par plusieurs entreprises qui ont déclaré des salariés en réalité inexistants. Près de 4.000 escroqueries lui ont été imputées, permettant à l’État de saisir 12 millions d’euros.
"On est sur un réseau franco-israélien plutôt habitué à des typologies d’escroqueries de fraude à la TVA et autres types d’escroqueries de grande ampleur", a commenté auprès du média le colonel Dominique Lambert, chef de l’OCLTI.
Cet organisme, composé notamment de gendarmes spécialisés, a saisi "19 millions d’euros d’avoirs criminels" en deux ans.

Lutte contre la fraude sociale

Sans être un sujet majeur de la course à l’Élysée, la lutte contre la fraude sociale a été évoquée par plusieurs candidats. Lors de son débat en septembre face à Jean-Luc Mélenchon, Éric Zemmour avait dénoncé les fraudes aux prestations sociales, sortant le chiffre de "50 milliards d’euros de préjudices par an", se référant à Charles Prats, un magistrat qui s’est spécialisé dans ce domaine.
Ce dernier estime plutôt l’ampleur de la fraude à entre 14 et 45 milliards d’euros, soit "trois à 10% des prestations versées". Il fait d’ailleurs partie de l’équipe de campagne de Valérie Pécresse en tant qu’orateur national, qu’il considère comme "la mieux placée politiquement pour gagner et agir contre la fraude sociale & fiscale".
Lors d’une interview sur Sud Radio le 20 décembre, Nicolas Dupont-Aignan a dénoncé les dépenses de l’État, estimant qu’il est possible de récupérer "100 milliards d’euros par an", notamment en luttant contre la fraude sociale, qu’il a estimée à 20 milliards par an. Il réclame notamment la mise en place d’une carte vitale biométrique pour éviter qu’une même personne puisse en posséder plusieurs, une mesure prônée par le même Charles Prats.

Évasion fiscale

Du côté de la gauche, l’accent est davantage mis sur la fraude fiscale, dont le manque à gagner pour la France est jugé plus important. La révélation des Pandora Papers en octobre avait été l’occasion pour certains candidats de rappeler l’importance du sujet. "Ce nouveau scandale financier démontre les insuffisances du gouvernement français et de l’Union européenne dans la lutte contre l’évasion fiscale", avait dénoncé dans un communiqué Europe-Écologie-Les Verts, le parti de Yannick Jadot.
Le candidat communiste Fabien Roussel avait énoncé plusieurs propositions, notamment une peine de prison ferme ainsi que la déchéance des droits civiques pour les auteurs de fraude fiscale. Jean-Luc Mélenchon a affirmé que "Macron n’a rien fait", quatre ans après l’affaire des "Paradise Papers". Le 9 janvier, dans l’émission Le Grand Jury, il a annoncé son intention de mettre en place "l’impôt universel" pour aller chercher l’argent des "très riches […] que vous soyez au paradis ou en enfer".
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