Crise kazakhe: Ankara suit de près l’évolution de la situation

Les manifestations et la crise politique qui secouent le Kazakhstan préoccupent Ankara, a déclaré le ministère turc des Affaires étrangères. Les tensions ne sont pas retombées à Almaty.
Sputnik
La situation confuse qui règne encore au Kazakhstan, après les manifestations d’Almaty et le limogeage du gouvernement, accapare l’attention des puissances régionales. Ce 5 janvier, Ankara a notamment déclaré suivre de près les événements, tout en étant persuadé que la crise finirait par se résorber, selon un communiqué du ministère turc des Affaires étrangères.
"Nous suivons de près les manifestations qui ont commencé les 2 et 3 janvier 2022 au Kazakhstan et se sont terminées par la démission du gouvernement. Nous attachons une grande importance à la stabilité du Kazakhstan, un pays ami [...] Nous sommes pleinement convaincus que les dirigeants du Kazakhstan surmonteront cette crise", indique ce communiqué.
La diplomatie turque ajoute espérer que la situation se "normalise prochainement", tout en adressant son soutien aux personnes blessées durant les troubles, y compris chez les forces de l’ordre.
Plusieurs agents de sécurité ont notamment été blessés lors de l’assaut de manifestants sur la mairie d’Almaty. Une trentaine d’ambulances et de véhicules de pompiers sont aussi partis en fumée, selon les autorités.
Ce 5 janvier, Moscou s’est également exprimé sur la crise kazakhe, déclarant que Noursoultan n’avait requis aucune aide russe. "Nous sommes convaincus que nos amis kazakhs peuvent résoudre eux-mêmes leurs problèmes internes", a ainsi déclaré à Sputnik Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin. Le responsable a mis en garde contre toute ingérence extérieure.

Troubles à Almaty

Depuis le début de l’année 2022, des manifestations liées notamment à la hausse des prix du gaz secouent le Kazakhstan. Ce 5 décembre, une importante mobilisation rassemblant plus de 3.000 personnes a encore eu lieu à Almaty, ancienne capitale du pays. Un assaut a été donné sur la mairie, qui a en partie pris feu.
Dans les rues, la situation s’est rapidement tendue et plusieurs véhicules ont été incendiés. Des carcasses de voitures calcinées et fumantes jonchent encore les chaussées, comme le montrent des vidéos des correspondants de Sputnik.
Les villes de Chymkent et Taraz ont aussi été le théâtre d’attaques sur des bâtiments officiels, qui ont abouti à l’interpellation de 200 personnes, selon le ministère de l’Intérieur. L’état d’urgence a aussi été décrété dans la capitale, Noursoultan.
Le Président kazakh Kassym-Jomart Tokaïev a finalement limogé son gouvernement, ce 5 janvier. Le chef d’État a également évoqué le retour d’un plafond du prix du gaz de pétrole liquéfié (GPL).
Depuis plusieurs années, la Turquie a opéré un rapprochement stratégique avec le Kazakhstan, via notamment l’Organisation des États turciques, fondée en 2009. Ankara mise aussi sur l’industrie de la défense pour renforcer ses liens avec son partenaire d’Asie centrale, à qui il a déjà vendu divers blindés et des drones Anka.
Discuter