Un haut responsable ukrainien dément la présence massive de troupes russes à la frontière

Il n’existe pas de menaces d’attaque russe à la frontière ukrainienne, a déclaré Oleksiy Danilov, secrétaire du Conseil de sécurité ukrainien. Le déploiement massif de troupes par Moscou n’est pas avéré, admet le haut responsable.
Sputnik
À l’heure où les entrevues diplomatiques se succèdent entre Kiev, Moscou et Washington, la situation à la frontière ukrainienne continue d’interroger. La présence de troupes russes aux limites du territoire ukrainien reste notamment sujette à débat.
Les informations sur des déploiements militaires massifs ne correspondent pas à la réalité, a ainsi admis Oleksiy Danilov, secrétaire du Conseil de sécurité ukrainien, sur la chaîne de télévision Nash. Le haut responsable ukrainien a pointé du doigt un emballement médiatique sur la question, estimant qu’il n’y avait pour l’heure pas de menace d’attaque russe.
"Si nous parlons d’un déploiement massif, sur lequel insistent parfois les médias étrangers, alors nous ne le voyons pas […] Nous surveillons la situation et sommes attentifs à ce qui se passe. Aujourd’hui nous ne voyons pas de menace d’agression directe de la part de la Russie", a ainsi expliqué Oleksiy Danilov à Nash.
Un discours qui tranche avec les déclarations de certains médias occidentaux. Début décembre, le Washington Post avait notamment affirmé que Moscou se préparait à mobiliser 100 bataillons et 175.000 hommes dans une offensive contre l’Ukraine, citant un haut responsable américain.
Le Pentagone avait refusé de confirmer l’information auprès de l’AFP, se disant toutefois "très préoccupé par des preuves faisant état de plans de la Russie en vue d’actions agressives".
Un hypothétique scénario d’invasion avait également fait l’objet d’un quiproquo burlesque, début décembre. Révélé par le journal allemand Bild, ce projet d’une opération contre l’Ukraine, en trois phases, aurait été intercepté par la CIA dès la mi-octobre. Moscou avait mis en doute le sérieux des documents, soulignant que certaines cartes utilisaient des toponymes remontant à la période nazie.
Début novembre, le ministère ukrainien de la Défense avait déjà démenti un renforcement des troupes russes près de sa frontière Est.

La délicate question de l’Otan

Moscou a déjà démenti à plusieurs reprises toute velléité de conflit à l’égard de Kiev. Le Kremlin craint néanmoins que la montée des tensions serve de prétexte à une implantation militaire de l’Otan en Ukraine.
La Russie avait tracé la ligne rouge mi-décembre, demandant à Washington des "garanties de sécurité", via deux traités. L’élargissement de l’Otan vers l’Est, qui pourrait placer Moscou à quelques minutes de vol des missiles américains, était évoqué comme une menace évidente.
La Maison-Blanche s’était alors dite ouverte à la négociation, précisant néanmoins que rien ne se ferait sans ses "alliés et partenaires européens".
À Bruxelles, certains font cependant entendre un autre son de cloche. La demande d’un arrêt dans l’élargissement de l’Otan a ainsi été jugée "inacceptable" par Josep Borrell, Haut représentant de l’Union pour les Affaires étrangères, fin décembre.
Le sujet devrait être au cœur des prochains pourparlers entre Washington et Moscou, puis du sommet Russie-Otan, qui devrait avoir lieu le 12 janvier.
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