Schiappa pointe l’"attente paradoxale" des Français concernant les responsables politiques

Soulignant l’"audace" d’Emmanuel Macron sur la voie de la réconciliation des Français vis-à-vis de la politique, Marlène Schiappa déplore auprès de Libération les attentes élevées de ses compatriotes à l’égard des autorités, quelle que soit la cause. "Ils adorent la politique, mais n’aiment pas les politiques."
Sputnik
Bien que le quinquennat d’Emmanuel Macron ait été marqué par certaines difficultés (mouvement des Gilets jaunes, crise liée au Covid-19), Marlène Schiappa salue dans les colonnes de Libération le mandat du Président.
Interrogée sur l'"échec du quinquennat [de] ne pas être parvenu à réconcilier les Français avec la politique", la ministre déléguée chargée de la Citoyenneté ne partage pas cette idée.
"On peut au contraire mettre au crédit d’Emmanuel Macron d’avoir fait venir à la politique des gens qui n’étaient pas politisés. Nos militants ne sont pas des gens engagés dans des partis politiques depuis trente ans", souligne-t-elle.

"On attend tout" des politiques

Mme Schiappa se félicite que le Président ait "renouvelé les visages et les usages", ayant "eu l’audace de s’appuyer sur des gens comme [elle] qui n’ont pas fait l’ENA, mais parlent comme tout le monde". Elle évoque en outre la "féminisation" du parti LREM.
"Les Français adorent la politique, mais n’aiment pas les politiques. On attend tout d’eux. Prenez la question des féminicides. On ne dit plus: 'C’est dégueulasse. Il y a un salaud qui a tué sa femme', mais 'que fait le Président de la République?'", estime la ministre déléguée alors que la cote de popularité d’Emmanuel Macron reste plutôt stable.
Selon un ultime baromètre Ifop pour le JDD, si le nombre de Français se déclarant mécontents de l’action de Macron s’élève à 55% (-2 points par rapport au chiffre de novembre), le taux de satisfaits est de 41% (+1).
Par rapport au score qu’avaient ses prédécesseurs au même moment de leur quinquennat (19% pour François Hollande et 34% pour Nicolas Sarkozy), Emmanuel Macron les dépasse largement.
"Il y a une attente paradoxale: que les responsables politiques soient puissants et, en même temps, dès lors qu’ils passent à l’action, ils sont soupçonnés de vouloir régenter nos vies et de tout contrôler", déplore Marlène Schiappa.

Convaincre les jeunes

Si suite aux régionales, et au record de l’abstention enregistré (entre 66% et 68%, selon différents instituts de sondages), Gérald Darmanin a qualifié cette faible participation de "particulièrement préoccupante", Marlène Schiappa est restée plutôt optimiste.
Questionnée sur le faible taux de participation des jeunes pendant le scrutin cet été, elle répond que cette tranche de la population s’exprime autrement:
"La jeunesse a rarement autant manifesté son engagement, avec les marches pour le climat, la cause animale, #MeToo, l’égalité femme-homme… Mais c’est comme si, pour eux, partager un post Instagram de Raphaël Glucksmann sur les Ouïghours était une action plus citoyenne qu’aller voter. La difficulté, c’est de les convaincre que le vote est la meilleure façon de défendre une cause."
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