Il va désormais falloir payer les urgences 20 euros en cas de non hospitalisation

Les passages aux urgences ne débouchant pas sur une hospitalisation feront l’objet d’un nouveau paiement forfaitaire, à compter du 1er janvier. Une mesure dénoncée par certaines personnalités politiques, même si son impact est à nuancer.
Sputnik
Alors que les critiques sur le manque de lits et les pénuries de médecins dans les hôpitaux continuent de pleuvoir en cette période de crise sanitaire, une nouvelle mesure gouvernementale est venue rajouter de l’huile sur le feu. À compter du 1er janvier, les passages aux urgences non suivis d’hospitalisation seront en effet soumis à un forfait de 19,61 euros, réglable sur place.
Le dispositif, baptisé "forfait patient urgences", sera minoré dans certains cas, comme pour les femmes enceintes de plus de cinq mois ou les patients atteints d’affection longue durée, rapporte le HuffPost.
La mesure n’a pas manqué de faire grincer quelques dents du côté de l’opposition. L’écologiste Sandrine Rousseau a ainsi dénoncé une mesure réduisant l’accès aux soins, sur France Inter.
"C’est passé complètement inaperçu, mais à partir du 1er janvier vous ne pourrez plus aller aux urgences gratuitement […] Cela réduit l’accès aux soins dans un moment où l’on a plus besoin d’accès aux soins", a-t-elle ainsi déclaré sur la radio publique.
L’ex-porte-parole d’EELV a cependant été reprise par les journalistes, qui lui ont signifié que la prise en charge par les mutuelles rentrait en jeu.

Pas de changements drastiques

L’impact de cette nouvelle mesure est en effet à nuancer. Concrètement, elle ne changera pas la donne pour 95% des Français disposant d’une complémentaire santé ou d’une aide équivalente. Ces derniers pourront en effet faire jouer le tiers payant. Il leur faudra présenter leur carte vitale et carte mutuelle en passant à la caisse, afin d’être remboursés.
La mesure est censée remplacer l’actuel forfait accueil et traitement des urgences (ATU), de 25,28€, remboursé à 80% par la Sécurité sociale, explique le Dauphiné libéré. Une véritable usine à gaz, puisque les 20% restants, payés par le patient ou par sa mutuelle, ne sont parfois jamais recouverts. Les factures peuvent en effet mettre deux mois à arriver.
"À l’heure actuelle, seuls 30% du reste à charge des passages aux urgences vont dans les caisses des hôpitaux tant la facturation est difficile à faire", affirme ainsi le député Thomas Mesnier (LREM) au HuffPost.
Mais la communication du gouvernement n’a pas été des plus limpides sur la mesure, et les hôpitaux craignent désormais de se heurter à l’incompréhension des patients au moment de passer en caisse. Particulièrement pour les malades ne possédant pas de mutuelle.
"Je pense qu’il y a effectivement une sous-estimation de la part du gouvernement de ce que le nouveau forfait représente pour les établissements hospitaliers. Et en même temps, pour 95% des patients, cela ne change rien du tout", déclare au HuffPost Aurélien Sourdille de la Fédération hospitalière de France.
Plusieurs services d’urgences ont été mis à rude épreuve ces dernières semaines, au point de devoir parfois baisser le rideau, faute de médecins urgentistes. À l’hôpital de Laval, les urgences ont notamment décidé de fermer pour plusieurs nuits, en cette fin d’année.
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