Poutine explique où sont les responsables de la hausse des prix du gaz

Gazprom ne fait pas de réservation pour les livraisons de gaz par le gazoduc Yamal-Europe en l’absence de commandes de la part des pays européens, a expliqué le Président russe lors de sa conférence de presse. Il a conseillé aux consommateurs de s’adresser aux instances européennes au sujet de la hausse des prix de gaz.
Sputnik
Vladimir Poutine a apporté des éclaircissements sur l’absence depuis trois jours de tout trafic de gaz par le pipeline Yamal-Europe, ce qui est reproché à Gazprom et à la Russie.
Le géant gazier russe ne fait aucune réservation pour le tronçon polonais du gazoduc Yamal-Europe pour la troisième journée d’affilée lors des enchères régulières et des sessions supplémentaires tenues juste avant le début du transit.
Depuis le 21 décembre, Gazprom a cessé d’acheminer son gaz en Allemagne à travers la Pologne par ce gazoduc. La Pologne lie cette situation à la suspension de la certification du Nord Stream 2. Moscou affirme que c’est une question purement commerciale.
"Je vois ces accusations contre la Russie et Gazprom selon lesquelles Gazprom ne fait pas de réservation pour le trafic de gaz vers l’Europe par le trajet Yamal-Europe pour la deuxième ou troisième journée d’affilée. Que dire, si ce n’est que c’est désagréable. Mais cela dépasse toutes les limites. Il [Gazprom, ndlr] n’a pas réservé le trafic parce que ses partenaires et les sociétés, au premier chef allemandes et françaises, qui achètent le gaz livré par ce gazoduc, n’ont pas fait de commandes d’achat", a commenté Vladimir Poutine lors de sa conférence de presse.
"Il n’y a pas de commandes d’achat", a-t-il souligné.

Un surplus de 10% acheminé vers la Pologne

Le Président russe a indiqué que Gazprom avait livré à l’Allemagne 10% de gaz en plus que ce qui est prévu par ses engagements contractuels et qu’actuellement des livraisons inversées étaient effectuées depuis l’Allemagne vers la Pologne.
"En outre, il y a un tuyau qui relie le système des gazoducs polonais avec l’ukrainien d’une capacité journalière d’environ trois millions de mètres cubes. C’est précisément la quantité expédiée de l’Allemagne vers la Pologne. Cela laisse supposer qu’en fin de compte le gaz est envoyé via la Pologne à l’Ukraine", a-t-il résumé.

Aux instances européennes de s’en occuper

Le chef de l’État russe a suggéré qu’au lieu de livrer à l’Ukraine via la Pologne en guise de soutien, il aurait fallu poursuivre les livraisons vers l’Europe pour impacter les prix du marché visé.
Il a ajouté que les consommateurs en Europe, en particulier en Allemagne, confrontés à une hausse des prix de l’énergie, devaient connaître l’état réel des choses.
"Peut-être même s’adresser aux instances [européennes, ndlr] et leur demander d’éclaircir la situation."
Le flux de gaz russe vers l’Allemagne était en baisse depuis le 18 décembre et a été arrêté tôt le 21 décembre. Depuis mardi 21, les consommateurs polonais reçoivent du gaz russe par régime inversé depuis l’Allemagne.
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