Présidentielle française 2022

Anne Hidalgo compare les musulmans avec les juifs des années 30 et déclenche la polémique

Une phrase lancée par la candidate socialiste Anne Hidalgo lors de son dernier meeting électoral a semé la confusion: selon elle, les musulmans de France vivent la même situation que les juifs dans les années 1930.
Sputnik
En difficulté dans les sondages, qui lui donnent entre 3 et 7% des intentions de vote, la candidate socialiste à la présidentielle Anne Hidalgo a essayé de faire passer un "appel à l'unité de la France" pendant son meeting de Perpignan le 12 décembre.
Pourtant, l’un de ses messages lui a coûté un flot de critiques. Pour dénoncer "un cauchemar ultime, une victoire de l'extrême droite" la candidate a comparé le sort des musulmans de France avec celui des juifs d’avant-guerre.

"Ce langage des années 1930, qui honnissait l’étranger, qui exaltait la haine des juifs, ils l’appliquent aujourd’hui à qui? Aux musulmans dans une vision séparatiste, essentialiste, communautariste et en diabolisant l’islam", a-t-elle déclaré.

"Non, cette France qui recule n’est pas la nôtre. Non, cette nation confite dans une nostalgie agressive n’est pas la nôtre. Non, cette France au passé falsifié n’est pas la nôtre. Je ne laisserai pas désigner nos compatriotes musulmans comme les boucs émissaires de la crise française", a ajouté la candidate.

Les réactions

Suite à ces propos, les critiques n’ont pas tardé. Pour plusieurs, cette déclaration a créé un amalgame.
La candidate du Rassemblement national Marine Le Pen en a été estomaquée. "Objectivement, ce propos est ignoble. Comparer la situation aujourd’hui des musulmans en France qui ont absolument tous les droits, une liberté totale protégée par la constitution, avec ce que les juifs ont pu vivre, c’est indigne de la part de madame Hidalgo", a-t-elle affirmé dans les Grandes Gueules le 13 décembre.
"Irresponsable, faux et dangereux!", s’est indigné Éric Ciotti, l’ex-candidat à la primaire de la droite.
"Faire cette analogie est une double faute: morale et politique. Une clarification s’impose", a renchéri Francis Kalifat, président du Conseil représentatif des institutions juives en France.
Pour Philippe Meyer, président de B'nai B'rith France, association réunissant des juifs de toutes origines, les propos de la candidate de gauche sont une "dangereuse réécriture de l’Histoire déjà entendue ailleurs".
"C'est honteux, abjecte et c'est une insulte insupportable à la mémoire des martyrs de la Shoah ", a réagi Pierre Liscia, porte-parole de Soyons Libres!.
Pour d’autres, Anne Hidalgo a essayé d’attirer plus d’électeurs.
"Comparaison entre les juifs des années 30 et les musulmans d’aujourd’hui: Anne Hidalgo tente de sauver sa campagne en reprenant un mensonge grossier véhiculé par les islamogauchistes depuis quelques années. Consternation et déshonneur", a lancé l'avocat Thibault de Montbrial.
"Non, la situation des musulmans n’est en rien semblable à celle des juifs des années 30. Comparaison infâme et irrespectueuse pour les victimes de la Shoah. Anne Hidalgo sous prétexte de condamner l’extrême droite, attise elle-même les peurs d’une communauté à des fins électorales", a commenté Aurélie Pirillo, élue du 16e arrondissement de Paris.
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