Les USA déforment les faits pour masquer l’expulsion de diplomates russes du pays, dénonce Moscou

Malgré certains progrès constatés par la diplomatie russe, les relations entre Moscou et Washington restent au plus bas. Le conflit persiste notamment au niveau du fonctionnement de la mission diplomatique russe: la Russie accuse les États-Unis d'expulser de facto ses diplomates. Le Département d'État présente la situation d’une autre manière.
Sputnik
Les tensions dans les relations américano-russes sont toujours loin de s'apaiser. Le conflit concernant le fonctionnement de la mission diplomatique russe outre-Atlantique bat son plein. Les États-Unis travestissent les faits autour de leur exigence envers une soixantaine de diplomates russes de quitter le pays, car il s'agit en réalité d’une expulsion, a ainsi affirmé l'ambassadeur de Russie à Washington, Anatoli Antonov.
Il avait précédemment fait savoir que 27 diplomates russes devront quitter les États-Unis avant le 30 janvier 2022. La porte-parole adjointe principale du Département d'État Jalina Porter a déclaré lundi que Washington, en limitant à trois ans la présence des diplomates russes sur son sol, cherchait à assurer une "plus grande parité". Selon elle, il ne s'agit pas d'une expulsion car Moscou peut désigner d'autres personnes à la place de celles qui partent. Et d'affirmer que la diplomatie russe avait initialement établi un tel délai.
"La partie américaine essaie d'induire en erreur ceux qui l’écoutent dans le pays et mondialement, en déformant délibérément les faits. On nous attribue une chose qui n'a rien à voir avec la réalité. La situation est exactement le contraire", a déclaré M.Antonov en répondant à une question des journalistes. La réponse a été publiée sur le compte Facebook du ministère russe des Affaires étrangères.

Des délais différents

Selon lui, c'est justement le Département d'État qui, en décembre 2020, a introduit unilatéralement une limite de trois ans aux affectations de longue durée pour les employés de l'ambassade à Washington et des consulats généraux de Russie à New York et Houston.
Les missions diplomatiques des autres pays ont une limite de cinq ans, a-t-il souligné.
Quant à l'affirmation selon laquelle le départ de 55 diplomates russes ne peut pas être considéré comme une expulsion, l'ambassadeur a rappelé qu'en cas de refus de répondre à cette demande, l'immunité et les autres privilèges diplomatiques des employés russes seraient révoqués.
La Russie veut "un dialogue honnête et respectueux sur tous les points sensibles liés aux visas". "La partie russe préconise une annulation complète et réciproque de toutes les restrictions imposées ces dernières années", a ajouté le diplomate. Moscou exhorte Washington à "revenir au respect des obligations internationales en matière de propriété diplomatique et à une pratique normale du fonctionnement des missions diplomatiques", ajoute M.Antonov.
Moscou prendra des mesures de rétorsion en lien avec la non-délivrance par Washington de visas à des membres du corps diplomatique russe à Washington et à leurs familles, a pour sa part déclaré lundi le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov.

Aucune amélioration en vue?

En avril 2021, les États-Unis ont à nouveau élargi les sanctions antirusses et expulsé dix diplomates. En réponse, Moscou a inscrit les États-Unis sur sa liste des pays inamicaux. Cela signifie notamment que l'ambassade américaine ne peut pas embaucher de Russes et de ressortissants de pays tiers.
Face à ces mesures restrictives, la mission diplomatique des États-Unis a déclaré devoir réduire son personnel car elle ne peut pas accorder pleinement ses services consulaires.
À l'été, Moscou et Washington ont entamé un travail visant à normaliser la coopération diplomatique. Mais le processus, selon les propos du ministre Sergueï Lavrov, "piétine" en raison de tentatives incessantes des États-Unis de faire pression sur la Russie.

Des "progrès"

Fin novembre, la porte-parole du ministère russe Maria Zakharova a tout de même constaté certains progrès dans les relations entre les deux pays. Ainsi, elle a qualifié de réussite un projet de résolution conjointe des États-Unis et de la Russie visant à créer un groupe de travail sur le cyberespace et les technologies de l’information et des communications (TIC) "dans le contexte de la sécurité internationale", adopté par l’Assemblée générale de l’Onu.
Bien que Joe Biden ait commencé son mandat en affirmant que Vladimir Poutine était "un tueur", sous sa présidence, les contacts officiels entre Washington et Moscou ont en fait repris tant bien que mal.
Le ministre russe des Affaires étrangères a ainsi rencontré son homologue américain en mai 2021, en marge du Conseil de l'Arctique en Islande. Les deux hommes ont jugé la discussion "constructive", "respectueuse" et "honnête". Un sommet des chefs d’État russe et américain a ensuite eu lieu à Genève le 16 juin 2021 et la sous-secrétaire d’État pour les Affaires politiques, Victoria Nuland, s’est rendue à Moscou du 11 au 13 octobre.
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