Stérilisation forcée des trans: les Pays-Bas leur demandent pardon pour cette pratique abolie

Les Pays-Bas, où en 2014 a été abolie la loi sur la stérilisation forcée des personnes voulant changer de genre de manière officielle, se sont excusés auprès d’elles. Ils sont devenus le premier pays à le faire publiquement.
Sputnik
Ayant été l’un des premiers pays européens à avoir adopté en 1985 une loi permettant aux personnes transgenres de changer officiellement de sexe, les Pays-Bas ont pourtant maintenu la stérilisation forcée de cette tranche de population jusqu’en 2014.
Le 27 novembre, le gouvernement néerlandais a officiellement apporté ses excuses auprès des personnes qui, souhaitant que leur transition soit officiellement reconnue, ont subi cette pratique.
"Personne ne devrait avoir vécu ce que vous avez vécu. Je suis vraiment désolée que ce soit arrivé", a déclaré la ministre de l'Éducation, de la Culture et de la Science Ingrid van Engelshoven depuis La Haye. "Les normes sur l’apparence d’un corps n’ont pas leur place dans une loi et une loi ne devrait jamais forcer les gens à subir une opération. Et aujourd'hui, je présente nos excuses les plus sincères pour cela au nom de l’ensemble du Cabinet."

Indemnisation de 5.000 euros

Selon le Réseau Transgenre des Pays-Bas, qui a accueilli la ministre à l’occasion de cette prise de parole, le pays est devenu le premier au monde à exprimer ses regrets sur la question.
"Je sais que cela n’enlève pas la douleur, cela ne la soulage pas. Pourtant, ce moment a un sens. Nous affrontons cette injustice ensemble", a ajouté Ingrid van Engelshoven, citée par la presse néerlandaise.
Pour le Réseau Transgenre des Pays-Bas, cette décision a toutefois pris trop de temps et l’indemnisation de 5.000 euros proposée n’est pas suffisante.
Si, à cet instant, 420 personnes se sont déjà déclarées victimes de cette désormais ancienne loi, 1.500 sont encore attendues. Actuellement, une évaluation psychologique suffit dans ce pays pour enregistrer le changement de genre.

Situation dans d’autres pays

La ministre a également dit vouloir lutter pour l’abolition de telles lois existant actuellement dans d’autres pays.
En France, c’est en 2016 qu’a été adoptée un texte stipulant que "toute personne majeure ou mineure émancipée qui démontre par une réunion suffisante de faits que la mention relative à son sexe dans les actes de l’état civil ne correspond pas à celui dans lequel elle se présente et dans lequel elle est connue peut en obtenir la modification".
Depuis 2017, l’Hexagone a autorisé la modification de l’état civil en ce sens sans devoir "justifier de traitements médicaux, opération chirurgicale ou stérilisation", mais demandant une procédure devant les tribunaux.
Pour le moment, parmi les pays européens où les personnes souhaitant que leur transition soit reconnue se trouvent la République tchèque, la Finlande ou encore la Slovaquie, selon les informations du 10 mai 2020.
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