Covid-19

Cinquième vague de Covid: l’Europe au cœur de la tempête

L'Europe, de l'est à l'ouest, est durement frappée par une virulente cinquième vague de Covid-19, qui met à mal les systèmes de santé et laisse présager un retour à des mesures sanitaires encore plus restrictives.
Sputnik
Presque aucun État du Vieux Continent n’est épargné, même des pays comme l’Italie, l’Espagne ou le Portugal, qui étaient relativement aménagés par la quatrième vague de l’été dernier. Depuis des semaines, ils enregistrent un nombre de cas de contaminations très élevé.
Les estimations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sont alarmantes. L’institution s’inquiète de l'"emprise" de la pandémie de Covid-19 en Europe, qui pourrait causer 700.000 morts supplémentaires sur le continent, portant le nombre total de décès à 2,2 millions d’ici au printemps. Plus de 1,5 million de personnes ont déjà perdu la vie du Covid-19 dans la région.
Dans l’Union européenne, 67,7% de la population a reçu deux doses de vaccin. Toutefois, tous les pays ne sont pas logés à la même enseigne, les écarts étant vertigineux entre les pays. Ainsi, seuls 24,2% des Bulgares sont vaccinés contre 86,7% des Portugais.
Jadis bon élève, l’Allemagne, où les nouvelles contaminations quotidiennes se comptent en dizaines de milliers, fait face à une situation critique. Le ministre de la Santé allemand, Jens Spahn, a cherché à frapper les esprits, prévenant, dans une formule-choc, que "chacun ou presque sera vacciné, guéri ou mort d’ici vraisemblablement la fin de l’hiver". Le faible taux de vaccination de certaines populations est directement pointé du doigt. Le pays a dépassé la barre des 100.000 morts depuis le début de l'épidémie de Covid-19, comptabilisant 351 décès sur les dernières 24 heures.
La Slovaquie, qui a le plus haut taux d’infections par million d’habitants en Europe, est sur le point de "perdre le combat contre le Covid-19", selon sa présidente, Zuzana Caputova. Les autorités, qui ont déjà pris des mesures ciblant les non-vaccinés, ont décrété un confinement de deux semaines.
En Autriche, un confinement de 20 jours est entré en vigueur lundi dernier pour lutter contre l’explosion des contaminations au coronavirus. Vienne a en effet osé franchir le pas, afin de tenter de juguler la reprise des infections au Covid-19.
Cette mesure radicale a réveillé la colère le week-end dernier, outre des Autrichiens, des populations de plusieurs pays européens comme la Belgique ou les Pays-Bas. Des manifestations monstres et des scènes d’émeutes ont eu lieu à Bruxelles et dans plusieurs villes du voisin néerlandais. Elles ont en commun "un rejet des restrictions et un sentiment de ras-le-bol consécutif à une épidémie qui dure depuis trop longtemps".
En quête de solutions, la Commission européenne insiste sur l’élargissement de la vaccination. Sa présidente, Ursula von der Leyen, a estimé, mardi, devant les eurodéputés, réunis au sein de l’hémicycle européen à Strasbourg, que la nouvelle vague était "une pandémie de non-vaccinés", appelant les populations à se faire vacciner ou à recevoir une dose de rappel.
Vers une nouvelle fermeture? Plusieurs responsables européens estiment que malgré la reprise épidémique il ne faudra pas toucher à la mobilité. Des recommandations de voyage de l’exécutif européen sont très attendues dans les prochains jours, voire ce jeudi, avant le sommet européen des 16 et 17 décembre, qui tranchera certains points liés, entre autres, à la période de validité des vaccinations et des délais pour la troisième dose.
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