"T’es la prochaine Mila": un journaliste se dit victime de menaces de Yassine Belattar – vidéo

Déjà visé par des plaintes en 2019, Yassine Belattar fait désormais l’objet de nouvelles poursuites. Deux journalistes du média en ligne Livre noir ont porté plainte pour séquestration, extorsion et menaces de mort contre l'humoriste qui les aurait retenus de force dans son théâtre. Ce dernier annonce à son tour avoir déposé une main courante.
Sputnik
"Une violence psychologique inouïe", c’est ainsi que Jordan Florentin, journaliste du média en ligne Livre noir, a qualifié ce qui est arrivé à lui et à son collaborateur vendredi 19 novembre dans le théâtre de Yassine Belattar.
Comme le journaliste le décrit dans un communiqué publié sur le site du média, ils se sont rendus vers 20h devant le théâtre de Dix Heures, dans le XVIIIe arrondissement de Paris pour réaliser un documentaire intitulé "Yassine Belattar, humoriste ou homme politique?". Après avoir fait quelques interviews dans la rue, ils entrent dans le théâtre pour assister au spectacle mais sans le filmer.
C’est après le spectacle que les hommes ont été pris à partie. M.Florentin raconte que Belattar l’a attrapé par l’épaule et l’a ramené violemment à l’intérieur. Là, l’humoriste lui aurait hurlé:
"C’est toi Jordan? Jordan! T’es le putain de fils de pute qui a piégé les mecs d’Aulnay? T’es un putain de suicidaire, t’es recherché par tout le 93, tout Aulnay cherche ton prénom, t’es la prochaine Mila".

Une séquestration

Ensuite, selon le journaliste, ils ont été séquestrés pendant une heure dans le théâtre, entourés par l’humoriste, un producteur, un vigile et une dizaine de membres du public pro-Belattar. Si le journaliste dit avoir proposé à plusieurs reprises à Belattar "une discussion calme", ce dernier lui aurait lancé systématiquement: "ferme ta putain de gueule, je ne discute pas avec des fachos et des nazis!".
M.Florentin affirme que Belattar a voulu le frapper au visage mais a été retenu par son garde du corps. Cependant, il crachait, insultait et se moquait du journaliste alors que tout le monde le filmait en direct.
"Là t’es dans la cage aux lions, t’es rentré dans la jungle, le lion c’est moi il va te mordre maintenant. Je fais venir l’armée de terre pour toi", rapporte le journaliste tout en soulignant que lui et son collaborateur ont été "littéralement humiliés et lynchés".
Le journaliste confie qu’ils ont été empêchés de sortir à deux reprises, que sa carte SD lui a été retirée et qu’il n’a pas pu la récupérer, tout comme sa trottinette qui est restée dans le théâtre.
"Yassine Belattar m’a clairement menacé de mort, expliqué que ‘ses hyènes’ allaient me chercher, qu’Aulnay allait me tomber dessus", déplore-t-il.
Finalement, les policiers sont intervenus vers 1h30 au bout de 45 minutes et ont escorté les hommes jusqu’à un taxi. Il dit avoir commencé à recevoir des messages l’attaquant sur son métier et sa vie personnelle. Une plainte a été déposée.
"Nos avocats se saisissent de cette affaire d’une gravité exceptionnelle […]. On ne laissera pas passer", a conclu le journaliste.

La version de Belattar

De son côté, Yassine Belattar a présenté une autre version de ce qui s’est passé. Sur son Instagram, l’humoriste qui dit avoir déposé "une main courante dans un commissariat", prétend avoir "rarement vécu une telle violence " et que son public l’avait "sauvé du pire". Il blâme "les médias racistes" et parle de "deux pseudo-journalistes" qui, selon lui, n'avaient même pas de cartes de presse et faisaient "des montages très douteux quand il s'agit des Noirs et des Arabes".
Il se sent pourtant "trop en danger" et songe même "à arrêter [sa] carrière". Il lance finalement: "Chirac parlait de fracture sociale, nous sommes sous Zemmour dans une fracture morale".

Des réactions

Comme leur nom a été mentionné par Yassine Belattar, Mila et Éric Zemmour n’ont pas manqué de réagir à l’incident. La jeune femme victime de cyberharcèlement pour ses propos polémiques sur l'islam a lancé "ta gueule Yassine et lâche nos vestes, on est fatigué".
De son côté, le polémiste et candidat putatif à la présidentielle rappelle que l’humoriste a été nommé en 2018 par Emmanuel Macron de membre de l'instance du Conseil présidentiel des villes. Éric Zemmour n’a pas mâché ses mots face à l’humoriste en le traitant de "racaille".
Pour rappel, le 26 mars 2019, suite à une enquête de Mediapart, Yassine Belattar a été placé en garde à vue mais est sorti libre deux jours après. Il a pourtant été placé sous contrôle judiciaire pour "menaces de mort", "menaces de crimes réitérés", "envois réitérés de messages malveillants" et "harcèlement moral".
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