Être prêt à la "guerre de demain": la France rejoint des exercices militaires d’une ampleur inédite

La France et ses alliés de l’Otan ont entamé en Méditerranée l’exercice d’ampleur Polaris 21, impliquant le porte-avions nucléaire Charles de Gaulle ou encore le destroyer américain USS Porter. Les militaires comptent travailler leur agilité tactique dans un contexte de potentiel conflit en mer entre plusieurs nations.
Sputnik
Gagner "la guerre avant la guerre", tel est l’objectif des exercices interarmées et internationaux qui se déroulent actuellement en Méditerranée, selon le communiqué du ministère de la Défense.
6.000 militaires de six pays (la France, l’Espagne, l’Italie, la Grèce, les États-Unis et le Royaume-Uni) sont engagés dans l’exercice Polaris 21, commencé le 18 novembre et qui touchera à sa fin le 3 décembre.

Laboratoire de la guerre de demain

Douze bateaux ont déjà appareillé le 18 novembre de Toulon, les autres vont faire de même pour une montée en puissance pendant une semaine, précise France Bleu.
Particularité de ces exercices, ils intègrent tous les nouveaux éléments qui peuvent être retrouvés dans un conflit aujourd'hui, c’est-à-dire non seulement les hostilités terrestres, marines ou aériennes, mais également la guerre de la désinformation, les menaces dans le cyberespace. "Agir simultanément en mer, vers la terre, dans les airs, l’espace exo-atmosphérique et le cyberespace, dans les champs informationnel et électromagnétique, c’est ce que permet justement Polaris 21", précise le communiqué du ministère de la Défense.

"L’objectif de l’exercice, c’est de préparer les marins et les militaires des différentes composantes […] à une guerre à haute intensité", explique dans un message vidéo l'amiral Pierre Vandier, chef d’état-major de la Marine nationale, qui qualifie ces manœuvres de "laboratoire de la guerre de demain".

Le scénario: la menace du pays fictif Mercure

Les exercices se déroulent en majeure partie en Méditerranée occidentale. Selon le scénario, deux forces, rouge et bleue, s’opposent. La force bleue articulée autour du porte-avions Charles de Gaulle devra réagir face à l'attaque d'une partie du continent par la force rouge se revendiquant du pays fictif Mercure, expose France Bleu. Cette force rouge mettra en place un dispositif aéroterrestre pour empêcher la force bleue d'approcher des côtes.

"Nous serons à 2.000 km lorsque l'action va débuter. Et que l'ennemi va mettre une bulle de déni d'accès sur une zone. Ce que je veux démontrer, c'est qu'il n'y a pas de fatalité dans le déni d'accès. Avec de l'audace en combinant nos effets avec une approche assez large, avec par la combinaison d'effets cinétiques et non-cinétiques, et avec de l'effet de surprise, on est capables de lever un à un tous les verrous de la porte que l'adversaire s'attache à mettre", détaille à France Bleu le contre-amiral Christophe Cluzel, le commandant des "bleus" au cours de l’exercice.

Hormis le Charles de Gaulle, le porte-hélicoptères amphibie Tonnerre y participe, ainsi que le destroyer britannique HMS Dragon et le destroyer américain USS Porter. Ce dernier avait récemment été engagé dans des opérations maritimes en mer Noire.
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