"J’ai pris la fuite": un participant à l’assaut du Capitole aurait choisi de s’exiler en Biélorussie

Les gardes-frontières biélorusses ont arrêté à la mi-août un homme qui cherchait à entrer dans le pays. Un fait qui n’a rien d’extraordinaire pour eux. Seulement cette fois-ci, il s’agissait d’un citoyen américain voulant se réfugier en Biélorussie.
Sputnik
Un participant aux protestations de janvier dernier à Washington, Evan Newman, a demandé l'asile en Biélorussie, a déclaré la chaîne TV publique Bélarous 1.
"L'Américain Evan Newman demande l'asile en Biélorussie […] L'un des manifestants à Washington, que le gouvernement américain accuse d’attaque contre le Capitole, a illégalement franchi la frontière biélorusse et demande protection", a précisé la chaîne.
L'homme a assuré qu'il avait été inscrit sur la liste des criminels les plus recherchés par le FBI et que ce dernier avait sollicité l’aide de la population pour lui mettre la main dessus. Ce sont des amis qui l’ont prévenu du danger qu’il courait.
"Je suppose que je suis accusé dans le cadre de six dossiers. Je pense qu'il s’agit de dossiers criminels […] Or j’estime n’avoir commis aucun crime. L'une des accusations était très blessante: il est dit que j'ai frappé un officier de police, alors que cette affirmation est sans aucun fondement", a poursuivi Evan Newman.
Selon lui, il a compris qu'il serait finalement identifié et a décidé de partir.
"J'ai pris la fuite, commencé à voyager à travers l’Amérique, j'ai embauché un avocat qui m’a dit que je pourrais aller en Europe en voyage d'affaires. J’en ai organisé un pour ma société de sacs", a-t-il détaillé.
Cela lui a permis de gagner du temps afin que l'homme de loi puisse s’informer du dossier, a-t-il expliqué.

Italie, Suisse, Allemagne, Ukraine...

En mars, il a embarqué aux États-Unis dans un avion pour atterrir en Italie où il a pris le train pour la Suisse.
Puis il a successivement traversé en voiture l’Allemagne puis la Pologne jusqu'en Ukraine. Il y est resté pendant quatre mois avant de s’apercevoir qu’il était filé.
"Je ne me décidais pas à demander l'asile jusqu'à ce que le Service de sécurité ukrainien (SBU) commence à me suivre. C'est une persécution politique et non une enquête criminelle", a noté Evan Newman.

"Le gouvernement crée de telles situations"

Toujours selon la chaîne de télévision, Evan Newman a été arrêté par les gardes-frontières biélorusses le 15 août, alors qu'il tentait d'entrer en Biélorussie par la frontière ukrainienne. Il voulait "y demander l'asile".
L'homme, qui vivait en Californie avec sa femme et ses deux enfants, a raconté à la chaîne de télévision comment il a erré dans les forêts de Pripiat –ville fantômeukrainienne située à quelques kilomètres à peine de la centrale de Tchernobyl– s’est embourbé dans un marécage et a croisé des sangliers, des serpents et des araignées.
Bélarous 1 a précisé qu'en janvier, Evan Newman avait pris part aux manifestations dont les participants contestaient les résultats de l'élection présidentielle américaine.
"Lorsque j'étais au Capitole, personne n'entrait par les fenêtres, il y avait des centaines de personnes. Quand quelqu’un a cassé les vitres de l’une d’elles et nous a invités à y pénétrer, personne ne l'a fait. Depuis les années 1990, le gouvernement crée de telles situations qu'il teste sur nous, avant de les qualifier d’évènement terroriste ou quelque chose du genre", a-t-il déclaré.
Selon les médias, des milliers de participants ont marché vers le Capitole, occupé les marches et le périmètre, tandis que des centaines sont entrés dans le bâtiment, brisant les fenêtres et vandalisant les bureaux.

Demandeurs d'asile américains en Biélorussie

Le ministère biélorusse de l'Intérieur n’a pas commenté auprès de Sputnik les informations concernant Evan Newman, arguant de la confidentialité. Il a justifié cela en rappelant qu'il n’était pas en droit de divulguer des données personnelles sans le consentement de l'individu concerné.
L’administration a toutefois indiqué que depuis le début de l’année, trois citoyens américains avaient demandé le statut de réfugié, une protection supplémentaire ou l'asile en Biélorussie. Leurs requêtes sont en cours d’examen, a-t-il ajouté, sans préciser les circonstances ni les raisons des décisions de ces personnes.

L’enquête sur l'assaut du Capitole

Fin juillet, le Congrès a ouvert une commission d'enquête parlementaire sur l'attaque du Capitole tandis que les investigations se poursuivent. Quatre membres du proche entourage de Donald Trump ont reçu en septembre une citation à comparaître devant cette institution pour faire la lumière sur cette question. Mais début octobre, l’ex-Président a demandé à ses quatre anciens conseillers de ne pas coopérer, selon des médias américains.
Le 6 janvier 2021, après que Donald Trump a affirmé, lors d'un rassemblement près de la Maison-Blanche, que les résultats des élections avaient été truqués, ses partisans ont fait irruption au Congrès. La foule a brisé des vitres, des affrontements avec la police ont éclaté. Alors que les forces de l'ordre évacuaient le bâtiment, les sénateurs ont entériné la victoire de Joe Biden à la présidentielle.
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