L'Australie rompt le méga-contrat de sous-marins avec la France

Sous-marins: des messages de Macron à Morrison "fuitent" dans la presse australienne

Scott Morrison a tenté de caler un entretien téléphonique avec Emmanuel Macron deux jours avant l'annonce du pacte dit "AUKUS" entre l'Australie, le Royaume-Uni et les Etats-Unis, selon Daily Telegraph. La France a déclaré que l'Australie n'avait pas tenté de l'informer de l'annulation du contrat avant l'annonce officielle du partenariat.
Sputnik
Des messages échangés entre le président français, Emmanuel Macron, et le Premier ministre australien, Scott Morrison, ont été publiés lundi soir dans la presse australienne, alors que Canberra tente de contrer les accusations de mensonge lancées par Paris au sujet de l'annulation d'un contrat de construction de sous-marins en septembre.
L'annulation par l'Australie d'un contrat de 40 milliards de dollars passé avec Naval Group pour acquérir 12 sous-marins nucléaires français, au profit d'un partenariat avec les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, a provoqué la colère de la France.
Interrogé à ce sujet dimanche en marge du sommet du G20 à Rome, Emmanuel Macron a déclaré que le Premier ministre australien lui avait menti sur les intentions australiennes, une accusation inédite entre alliés que Scott Morrison a réfutée.

"Dois-je attendre de bonnes ou de mauvaises nouvelles?"

Selon une source au fait des échanges citée par le quotidien australien Daily Telegraph et ayant requis l'anonymat du fait de la sensibilité du dossier, lorsque Scott Morrison a tenté de caler un entretien téléphonique avec Emmanuel Macron le 14 septembre, deux jours avant l'annonce du pacte dit "AUKUS" entre l'Australie, le Royaume-Uni et les Etats-Unis, le président français a répondu par le message suivant: "Dois-je attendre de bonnes ou de mauvaises nouvelles pour nos ambitions communes en matière de sous-marins ?".
La réponse du Premier ministre australien n'a pas été révélée.
La France a déclaré que l'Australie n'avait pas tenté de l'informer de l'annulation du contrat avant l'annonce officielle du partenariat avec les Etats-Unis et la Grande-Bretagne.
"Il ne fait aucun doute que Morrison devait défendre son image et convaincre les Australiens et leurs alliés qu'il n'avait pas menti ou fait preuve de duplicité, mais il y avait de sérieuses inquiétudes sur le fait que ce projet ne verrait pas le jour", a jugé Haydon Manning, professeur de sciences politiques à l'université Flinders, en Australie-Méridionale.
Après l'annulation du contrat, la Commission européenne a annoncé début octobre le report du prochain cycle de négociations commerciales avec l'Australie.
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