Boris Johnson épinglé pour un voyage en avion après ses appels à limiter l’empreinte carbone

Après avoir exhorté la communauté internationale lors de la COP26 à Glasgow à limiter le réchauffement climatique par la réduction des émissions CO2, Boris Johnson s’apprête à rentrer à Londres en avion. Visé par des critiques, Downing Street assure que le carburant utilisé est écologique et que les émissions seront compensées.
Sputnik
Le Premier ministre britannique s’est trouvé sous le feu des critiques pour son intention de rentrer à Londres par avion après son appel à la communauté internationale en marge de la COP26 à Glasgow à agir pour contenir le réchauffement climatique.
Boris Johnson, qui accueille le sommet sur le climat de la COP26 des Nations unies dans cette ville écossaise, entendait bien inciter d'autres pays à réduire leurs émissions carbone, comme le Royaume-Uni réussit à le faire, selon lui.
Cependant, son retour prévu ce mardi 2 novembre dans la capitale britannique par voie aérienne, moyen de transport dont l’empreinte carbone est plus importante que celle du train, n’a pas échappé aux critiques de certains militants écologistes.

Réponse de Downing Street

Évoquant l’agenda chargé du chef du gouvernement britannique, son porte-parole assure que l’impact de ce trajet sur l’environnement est minime.
"De toute évidence, le carburant utilisé pour ce vol est durable […]. Il est important que le Premier ministre puisse se déplacer dans le pays et il est évidemment confronté à des contraintes de temps importantes", a-t-il déclaré aux journalistes le 1er novembre.
L’aéronef utilisé est "l’un des avions les plus écoénergétiques de sa taille au monde", il produit 15% d’émissions de CO2 de moins que le RAF Voyager propre à la famille royale, poursuit-il. Enfin, il vole avec un carburant spécifique, présentant un mélange de 35% de carburant d'aviation durable et de 65% de carburant normal, a précisé le porte-parole. Et d’ajouter que les émissions seront "évidemment compensées".
La distance entre Londres et Glasgow est d’environ 660 kilomètres. Le voyage en train prend entre cinq et six heures, alors que le vol dure une heure.

L’empreinte carbone des avions

Les émissions de gaz à effet de serre provenant de l'aviation internationale et domestique représentent respectivement 3,42% et 0,35%, notait le Parlement européen dans un rapport en 2019. L’empreinte carbone du secteur a ainsi doublé depuis 20 ans. Dans le même temps, la proportion de l’impact des transports routiers est de 19,35%.
Début octobre, l’engagement d’atteindre "zéro émission" d’ici 2050 a été annoncé par les compagnies membres de l’Association internationale du transport aérien (IATA). Le secteur aérien produisant 0,9 milliard de tonnes de CO2 par an, ce niveau serait de 1,8 milliard vers 2050 en cas d’absence de mesures, estime-t-elle. Ainsi, 21,2 milliards de tonnes de CO2 seraient rejetées dans l’atmosphère, conclut l’association.
Afin d’atteindre cet objectif, plusieurs pistes sont à l’étude, notamment l’utilisation de carburants durables et d’engins à hydrogène, ainsi que la compensation des émissions par le plantage d’arbres, mais la réduction du trafic aérien n’est pas sur la table.

Enjeux de la COP26

La 26e édition de la Conférence des parties, qui réunit les pays signataires de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, se tient du 31 octobre au 12 novembre à Glasgow.
Les participants ont réaffirmé les engagements pris en 2015 pour limiter l’augmentation de la température moyenne de la planète à 1,5 C et ont appelé à la mise en place de mesures concrètes parmi lesquelles figurent une réduction de moitié des émissions de CO2 vers 2030 et une neutralité des émissions vers 2050.
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