Talibans au pouvoir en Afghanistan

En Afghanistan, les taliban paient certains salaires avec du blé

Alors que l'Afghanistan s'enfonce dans la crise économique, que les distributeurs des banques sont désespérément vides et que des millions d'habitants sont confrontés à la famine, le gouvernement taliban* propose désormais de rémunérer certains travailleurs avec des sacs de blé.
Sputnik
Les agences des Nations unies estiment que seuls 5% des Afghans peuvent encore manger à leur faim depuis que l'aide internationale s'est tarie cet été après la prise de Kaboul par les taliban*.
De longues files d'attente se forment chaque jour devant les banques, où les retraits sont théoriquement limités à 20.000 afghanis (190 euros) par semaine pour éviter un effondrement total du système bancaire. Mais de nombreux Afghans ne voient jamais la couleur de cet argent.
Faute de liquidités, le gouvernement taliban* propose de rémunérer certains travailleurs avec des sacs de blé de 10 kilogrammes, par exemple pour renforcer les systèmes de distribution d'eau et d'évacuation des eaux usées de Kaboul.
Khan Ali, un habitant de la capitale âgé de 43 ans qui n'avait plus d'emploi après avoir vendu sa carriole sur un marché pour pouvoir nourrir sa famille de six personnes, a accepté cet arrangement.

"Ça fait l'affaire pour le moment, au moins on ne mourra pas de faim", déclare-t-il. "Ce n'est pas suffisant bien sûr, mais au moment où tous les Afghans se plaignent du manque de travail et de la pauvreté, c'est mieux que rien."

Dans le cadre de ce programme lancé dimanche, les nouvelles autorités afghanes ont annoncé qu'elles allaient distribuer 66.000 tonnes de blé, ce qui va permettre selon elles de payer 44.000 manœuvres à Kaboul. La plupart de ces derniers seront chargés de construire des digues pour protéger la capitale des inondations pendant la saison des pluies, et de creuser des canaux.
Les pays de la région ont donné des milliers de tonnes de blé à l'Afghanistan pour l'aider à faire face à la crise humanitaire.
La situation est d'autant plus critique pour le gouvernement taliban* que neuf milliards de dollars (7,75 milliards d'euros) déposés par la banque centrale afghane à l'étranger demeurent bloqués et que le commerce international est suspendu, privant les autorités de précieux droits de douane.

"Il n'y a plus beaucoup d'espoir de pouvoir bien vivre en Afghanistan", affirme Abdoul, qui a aussi accepté d'être payé en blé, mais préfère ne pas donner son nom. "Tout ce qu'il nous reste, c'est la survie."

*Organisation terroriste interdite en Russie
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