"Instables" mais pas inutiles: Poutine s’exprime sur les cryptomonnaies

Vladimir Poutine a admis que les cryptomonnaies pouvaient s’avérer utiles dans certaines circonstances. Le Président russe pense néanmoins qu’il est trop tôt pour les voir à l’œuvre dans le commerce des ressources énergétiques.
Sputnik
Alors que le bitcoin poursuit sa course vers les sommets, flirtant désormais avec la barre des 58.000 dollars, de nombreux États commencent à se pencher sérieusement sur la question des cryptomonnaies. Que ce soit pour durcir le ton, comme en Chine, ou pour lâcher la bride, comme au Salvador.
Moscou suit également le dossier de près. Dans un entretien à CNBC, Vladimir Poutine a jugé "prématuré" l’usage des cryptomonnaies en tant que moyen de paiement, particulièrement pour le commerce des ressources telles que le pétrole. Il a cependant admis que les devises virtuelles pouvaient servir pour les transferts d’argent et qu’elles constitueraient peut-être une réserve de valeur à l’avenir.
"Les cryptomonnaies peuvent être des unités de compte, mais elles sont très instables. Les utiliser afin de transférer des fonds d'un endroit à un autre, oui. Mais pour le commerce des ressources énergétiques, à mon avis, c’est encore prématuré […] Mais tout se développe, tout a le droit d’exister", a ainsi déclaré le chef d’État à CNBC.
Il s’est également refusé à critiquer le cas d’Elon Musk, fervent partisan des cryptomonnaies, qui a affirmé à plusieurs reprises avoir investi dans des devises virtuelles comme le bitcoin, l'ethereum et le dogecoin.
Le trading reste toléré
Si la Banque centrale de Russie a fait part de son scepticisme concernant les cryptomonnaies, Moscou ne semble pas prêt à emboîter le pas à Pékin en matière de régulation, voire d’interdiction.
Ce 12 octobre, le vice-ministre russe des Finances, Alexeï Moiseïev avait ainsi déclaré que les citoyens russes resteraient libres d’acheter des cryptomonnaies sur des plateformes étrangères, tolérant de fait le trading. En début d’année, la justice russe avait déjà levé les interdictions pesant sur la plateforme Binance, l’une des plus importantes en matière de trading de cryptomonnaies et qui avait été un temps blacklistée.
Les propos du vice-ministre des Finances surviennent alors que la Douma avait pourtant soufflé le froid sur les investisseurs de cryptomonnaies. Début octobre, Anatoli Aksakov, président du comité de la Douma sur les marchés financiers, avait ainsi évoqué la nécessité de protéger "les petits investisseurs" qui souhaitaient s’aventurer sur le marché des devises virtuelles, connu pour être extrêmement volatil.
Pour l’heure, l’utilisation de devises virtuelles comme moyen de paiement reste néanmoins interdite en Russie.
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