Pour 91% d’Américains, les réseaux sociaux sont responsables des fake news qui y sont diffusées

Dans un récent sondage, les Américains ont fait part de leur inquiétude quant à la diffusion de fausses informations. Une grande partie d’entre eux tient pour responsables les entreprises gérant les réseaux sociaux et leurs utilisateurs, les personnalités politiques et, dans une moindre mesure, les gouvernements étrangers.
Sputnik
Après une élection présidentielle et une épidémie de Covid-19 toutes deux marquées par la désinformation, 95% des Américains estiment que leur diffusion est un problème, dont 81% un "problème majeur", selon un sondage d’Associated Press (AP)-Norc et de l’institut Pearson. Ils ont ensuite été invités à en nommer les responsables.
Seuls 20% admettent être "très inquiets" d’avoir pu eux-mêmes diffuser des fake news, même involontairement, mais 76% affirment y avoir été exposés. Une immense majorité (93%) estime que les utilisateurs des réseaux sociaux sont la source du problème, et une proportion similaire (91%) tient pour responsable les entreprises des réseaux sociaux.
"Le sondage AP-NORC est une mauvaise nouvelle pour Facebook", a commenté auprès de l’agence Konstantin Sonin, professeur de politique publique à université de Chicago, laquelle est associée à l’institut Pearson. "Il montre clairement que s'en prendre à Facebook est largement populaire", ajoute-t-il.
Face aux accusations de désinformation, des sociétés comme Facebook, Google et Twitter ont pris nombre de mesures au cours des derniers mois afin d’éviter d’être convoquées par les parlementaires américains. YouTube supprime désormais les vidéos remettant en question l’efficacité des vaccins approuvés par l’OMS. Google et YouTube vont également interdire la monétisation de contenu relatif au climatoscepticisme.
Pays étrangers
L’enquête montre par ailleurs que les citoyens américains sont particulièrement méfiants envers les personnalités politiques (93%) et le gouvernement (79%) de leur propre pays en termes de désinformation. La Chine (80%) et la Russie (81%) sont également visées, ainsi que l’Iran dans une moindre mesure (69%). Les "autres gouvernements étrangers" seraient aussi responsables de désinformation pour les trois quarts des personnes interrogées.
En septembre, la France a lancé la commission Bronner chargée de lutter "contre les diffuseurs de haine et la désinformation", ce qui a engendré des craintes de transformation en "ministère de la Vérité".
Paris a en outre créé son agence de lutte contre les ingérences numériques étrangères, Viginum, laquelle commencera ses travaux le 15 octobre en vue de l’élection présidentielle à venir. L’objectif est d’éviter une potentielle ingérence étrangère, avec en tête les élections américaines de 2016, que la Russie avait été soupçonnée de déstabiliser, sans que les enquêtes ne prouvent quoi que ce soit.
"Il ne s'agit pas de corriger ou rétablir la vérité, mais d'arriver à détecter les attaques quand elles viennent de l'étranger, pouvoir les caractériser et d’une certaine manière les attribuer, pour pouvoir permettre […] de constater que sur 400.000 tweets de reprise de telle ou telle information, 200.000 viennent d'une ferme à bots [des comptes automatisés, ndlr] dans une région hors de notre pays ou que tel débat provient d'une ferme à trolls", a assuré Stéphane Bouillon, secrétaire général de la Défense et de la sécurité nationale.
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