"Raciste, négationniste, condamné": Dupond-Moretti étrille Zemmour

Éric Zemmour, qui monte en puissance dans les sondages depuis cet été, doit sa popularité à "l’ultra-médiatisation dont il bénéficie", estime le ministre de la Justice. Pour lui, ce "polémiste de talent" "se cache derrière ses multiples casquettes" en hésitant à se porter candidat.
Sputnik
Promettant de "faire campagne pour le Président de la République" une fois qu’il aura annoncé sa candidature, Éric Dupond-Moretti s’en est pris à un autre candidat potentiel de la future présidentielle souvent mis en lumière de par ses ambitions, mais hésitant toujours à les officialiser: Éric Zemmour.
Invité le 5 octobre sur le plateau de BFM TV, le ministre de la Justice a expliqué les raisons pour lesquelles, d’après lui, le polémiste suscite "l’engouement" grâce à "l’ultra-médiatisation dont il bénéficie".
"Il n’y a pas un interstice médiatique dans lequel il ne vient pas se glisser", a-t-il fait remarquer.
Depuis l’été, le polémiste souvent à l’origine de débats houleux, comme celui des prénoms, ne cesse de grimper dans les sondages. Alors qu’il était donné à 5% début juin, le 1er octobre le journaliste obtenait 15% des intentions de vote dans un sondage Ipsos/Sopra Steria.
"Un danger" pour la France?
Interrogé par Philippe Corbé pour savoir s’il estime qu’Éric Zemmour représente "un danger" pour la France, le ministre de la Justice n’a toutefois pas apporté de réponse directe.
"Je ne sais pas. J’espère que certains vont ouvrir les yeux", a-t-il lancé.
Après quelque insistance du journaliste, M.Dupond-Moretti a développé son idée:
"Je me dis qu’il y a quand même quelques difficultés à le voir monter dans les sondages. Pour le moment, M.Zemmour est polémiste, de talent, journaliste, écrivain. C’est quoi son programme? Il a compris ça. Il se cache derrière ses multiples casquettes et il n’entend pas pour l'instant se déclarer. J’aimerais savoir ce qu’il propose sur la justice."
"Condamné pour incitation à la haine raciale"
Revenant sur les propos de Zemmour qui avait pris la défense du dirigeant du régime de Vichy en lançant que ce dernier avait "protégé les juifs français et donné les juifs étrangers", Dupond-Moretti a tenu à souligner:
"Non, Pétain n’a pas aidé les juifs".
Selon le ministre, la "liberté de ton" d’Éric Zemmour "peut séduire", pourtant "il faut maintenant aller voir ce qu’il dit".
"Il est raciste, négationniste, condamné par la justice de notre pays pour incitation à la haine raciale", a en outre martelé le garde des Sceaux qui s’est lui-même retrouvé au cœur d’une affaire judiciaire cette année.
Soupçonné de prise illégale d’intérêts quand il était avocat, le ministre de la Justice a été mis en examen pour des faits qu’il réfute. Suite aux plaintes déposées par des syndicats de magistrats et l’association Anticor, qui dénonçaient des situations de conflits d’intérêts dans deux dossiers, la Cour de justice de la République a donc ouvert, en janvier, une information judiciaire en ce sens.
Toujours sur le plateau de BFM TV, Éric Dupond-Moretti s’est dit "serein" face à cette affaire, laquelle néanmoins chagrine beaucoup sa mère de 85 ans et sa compagne, la chanteuse Isabelle Boulay.
"Si vous saviez ce que j’ai fait depuis que j’ai été mis en examen vous verriez que je suis pleinement ministre de la Justice", a toutefois insisté le responsable, réfutant nettement l’idée de démissionner dans ces conditions.
Discuter