Le Kremlin répond à l'appel d’expulser 300 diplomates russes des États-Unis

Réagissant à l’appel de plusieurs sénateurs américains ayant proposé à Joe Biden d’expulser 300 diplomates russes, le porte-parole du Président russe l’a qualifié d’"émotionnel", rappelant que la situation actuelle faisait souffrir autant les Russes que les Américains.
Sputnik
Le porte-parole du Président russe, Dmitri Peskov, estime que les sénateurs américains ont cédé à leurs émotions en proposant d'expulser 300 diplomates russes des États-Unis, notant qu'ils ne sont pas si nombreux dans le pays.
"Pour expulser autant de diplomates, il faut d'abord en avoir autant. Cette exigence est plutôt du registre émotionnel. Ils ne savent apparemment même pas combien de diplomates russes sont en poste dans le pays", a déclaré Peskov aux journalistes ce mercredi.
Par ailleurs, il déplore la situation actuelle dans les relations entre la Russie et les États-Unis.
"Les Russes qui ne peuvent pas obtenir de visa souffrent, les Américains qui ne peuvent pas obtenir de visa souffrent… Ce qu’il se passe dans nos relations bilatérales en général conduit à la souffrance des peuples des deux pays", a-t-il souligné.
Il constate en effet que les actions de Washington axées sur la réduction des relations avec la Russie n'ont abouti à rien de bon.

Demande des sénateurs

Plusieurs sénateurs américains se sont précédemment adressés à Joe Biden pour lui demander d'expulser 300 diplomates si les autorités russes n'acceptent pas d'augmenter le personnel de l'ambassade américaine à Moscou.
L’initiative revient à quatre sénateurs américains qui invoquent la nécessité de "parité entre le nombre des diplomates américains en poste en Russie et celui des diplomates russes aux États-Unis", estimant qu’une telle démarche serait "raisonnable et réciproque".
Selon eux, "plus de 400 diplomates russes" sont actuellement présents aux États-Unis, alors que la mission diplomatique américaine en Russie n’en compte qu’une centaine.

Dégradation des rapports

Les relations bilatérales se sont sérieusement détériorées sur fond d’accusations américaines d’ingérences électorales et de cyberattaques russes, bien que Moscou ait déclaré à plusieurs reprises n’avoir aucun rapport avec ces faits.
Les deux pays ont procédé par la suite à des expulsions réciproques de diplomates, avant que la Russie ne place les États-Unis sur une liste de "pays inamicaux", fermant à Washington la possibilité d’embaucher du personnel local.
Les relations entre Moscou et Washington ont presque touché le fond en mars dernier, lorsque l’ambassadeur russe a été rappelé en qualité de symbole d’insatisfaction après que Joe Biden a répondu par l’affirmative à la question d’un journaliste de savoir s'il considérait Vladimir Poutine comme un "tueur". Quelques semaines plus tard, la Russie a recommandé à l’ambassadeur américain de rentrer dans son pays, ce qu’il avait fait.
Ce n’est qu’à l’issue du sommet entre les deux Présidents, qui s’est déroulé le 16 juin à Genève, qu’il a été décidé du retour des deux ambassadeurs en poste dans leurs pays de représentation.
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