Brexit: Londres menace de dénoncer le protocole sur l'Irlande du Nord

La Grande-Bretagne a prévenu lundi l'Union européenne qu'elle prendrait des mesures unilatérales dans le cadre de l'accord de Brexit si les Vingt-Sept n'acceptent pas des changements susceptibles de fluidifier les échanges de marchandises avec l'Irlande du Nord.
Sputnik
S'exprimant lors du congrès annuel du Parti conservateur, David Frost, le ministre chargé du suivi du Brexit, a annoncé qu'il allait présenter un ensemble de textes juridiques traduisant les propositions déjà formulées par le gouvernement de Boris Johnson pour modifier le "protocole nord-irlandais".
Il n'a pas précisé quand le gouvernement britannique pourrait déclencher l'article 16 de l'accord permettant à chacune des deux parties de prendre des mesures unilatérales si elle considère que le protocole a de graves conséquences. D'après les médias britanniques, il pourrait prendre cette initiative d'ici la fin du mois.
L'UE a prévenu que l'activation de l'article 16 serait "extrêmement inutile" et qu'elle n'exclurait aucune option si Londres se décidait à y recourir.
"S'il n'y a pas bientôt une solution de compromis, il nous faudra agir, en utilisant le mécanisme de sauvegarde de l'article 16, pour traiter l'impact que le protocole a sur l'Irlande du Nord", a dit David Frost devant un public clairsemé.
"Cela pourrait au final être le seul moyen de protéger notre pays - nos habitants, notre commerce, notre intégrité territoriale, le processus de paix et les avantages de ce grand Royaume-Uni dont nous faisons tous partie", a-t-il ajouté.
Le gouvernement de Boris Johnson appelle depuis plusieurs mois l'Union européenne à renégocier les modalités du "protocole nord-irlandais", qui encadre les relations commerciales entre la Grande-Bretagne et la province britannique d'Irlande du Nord, frontalière de la République d'Irlande, elle-même membre de l'UE.
L'UE a refusé toute nouvelle négociation.
Ce protocole a créé une frontière douanière de fait entre la Grande-Bretagne et l'Irlande du Nord afin de préserver la libre circulation des marchandises entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande, ce qui a contribué au réveil des tensions communautaires dans la province britannique où les "unionistes" refusent toute différence de traitement avec le reste du Royaume-Uni.
David Frost a accusé lundi l'intransigeance européenne de menacer les fragiles équilibres issus de l'accord de paix du "Vendredi-Saint" en 1998, qui a mis fin à 30 années de violences en Irlande du Nord entre unionistes protestants et nationalistes catholiques.
"Oui, nous avons accepté le protocole en ce difficile automne 2019. Nous savions que nous prenions un risque, mais qui en valait la peine", a-t-il dit.
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