Au cœur de la polémique, la commission sur le complotisme prend la défense de Guy Vallancien

Le sociologue Gérald Bronner, nommé à la tête de la commission sur le complotisme instituée mercredi dernier par Emmanuel Macron, estime que le professeur Guy Vallancien, un médecin ayant reçu un blâme et controversé du fait de ses prises de position sur le Mediator, aura des arguments pour défendre sa nomination. Il doit être entendu ce 4 octobre.
Sputnik
Invité de l’émission C Politique sur France 5 dimanche 3 octobre, Gérald Bronner, qui préside la commission sur le complotisme et la désinformation instituée le 29 septembre par Emmanuel Macron et composée d’une quinzaine d’universitaires et personnalités, s’est exprimé sur la nomination controversée de l’urologue Guy Vallancien.
Celle-ci interpelle alors que le professeur vient d’être sanctionné par l’Ordre des médecins d’un blâme pour manquement au principe de moralité et que ses prises de position sur le médicament Mediator dérangent.
Le président de cette commission intitulée Les Lumières à l’ère numérique et ayant pour mission "la lutte contre les diffuseurs de la haine et de la désinformation" estime que Guy Vallancien est "un très grand médecin, un grand chirurgien avec une reconnaissance de ses pairs à l’international".
"J’ai découvert comme vous cette histoire, je ne suis pas un inspecteur de police […]. La première réunion va avoir lieu demain [le 4 octobre] et nous discuterons avec lui collectivement."

Bronner attend des arguments serrés

M.Bronner a reconnu que les gens pouvaient avoir des opinions différentes et "qu’il y a des esprits malveillants qui radiographient chacun des membres".
"Guy Vallancien a des arguments très serrés pour se défendre, mais on va les entendre demain. J’espère qu’il les rendra publics. [...] Je n'hésiterai pas une seconde, je vais vous dire, d'ailleurs je crois que Guy Vallancien est un homme d'honneur, si jamais il n'arrive pas à nous convaincre... Je crois qu'il quittera tout simplement la commission et puis ce ne sera pas un drame", a-t-il évoqué concernant le cas concret du professeur.


Blâme de l’Ordre des médecins et affaire du Mediator

Cependant, les antécédents de ce dernier font tache et choquent la communauté scientifique.
L’affaire la plus récente a été révélée par Marianne, à savoir la sanction du blâme dont il a écopé de la chambre disciplinaire nationale de l’Ordre des médecins en juin dernier en raison d’un certificat médical "mensonger" et "constitutif d’un manquement au principe de moralité". Selon l’Ordre des médecins, ce certificat n’était "appuyé sur aucun élément permettant d’en asseoir la véracité" ce qui est "un acte de nature à déconsidérer la profession".
Irène Frachon, la pneumologue et lanceuse d’alerte de l’affaire du Mediator, a joint sa voix aux détracteurs du professeur dans une tribune du Monde publiée le 30 septembre.
"Le professeur et urologue Guy Vallancien, dont la nomination est annoncée au sein d’une commission "resserrée", a été un des fers de lance d’une nébuleuse de médecins de haut rang, professeurs de médecine, parfois académiciens de médecine, qui, depuis des années et sans vergogne, tentent de discréditer, minimiser, voire nier la gravité du drame humain causé par le Mediator", l’accuse-t-elle, au sujet des effets néfastes causés par le médicament utilisé comme coupe-faim et commercialisé en France par les laboratoires Servier entre 1976 et 2009.
Et d’ajouter: "le rapport pénal d’expertise scientifique a conclu que le Mediator, consommé par environ cinq millions de Français pendant 33 ans, est la cause directe de la mort ou de l’invalidité de milliers de personnes".
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