Sandrine Rousseau veut créer la surprise à la prochaine présidentielle

Qualifiée pour le second tour des primaires écologistes, Sandrine Rousseau compte porter son discours jusqu’à la présidentielle. Sur France Inter, elle a assumé une «radicalité» que beaucoup lui reprochent.
Sputnik
À sept mois des élections présidentielles, le paysage politique s’éclaircit du côté des écologistes. Le premier tour de la primaire d’EELV a en effet livré son verdict, donnant à Yannick Jadot et Sandrine Rousseau le droit de se disputer le billet pour 2022.
L’ancienne porte-parole du parti est d’ailleurs revenue sur sa qualification au micro de France Inter. Elle a déclaré ne pas être étonnée de ses bons résultats, symptomatiques selon elle d’une envie de changements sociétaux.
«Je m’y attendais. Celles et ceux qui sont surpris n’ont pas compris ce qui se passait dans la société. C’est un mouvement de fond, profond, un souhait de transformation radicale, un mouvement qui veut que les questions sociales et sociétales soient mises à l’ordre du jour [...] Vous verrez que la surprise ira jusqu'au bout», a ainsi expliqué Sandrine Rousseau sur France Inter.
Interrogée sur une possible union des gauches voire un ralliement à Anne Hidalgo d’ici 2022, l’écologiste a répondu par la négative, déterminée à «aller jusqu’au bout». Un combat qu’elle compte mener en tablant sur une forme de «radicalité», loin d’une «écologie de gouvernement» qu’elle réprouve.
«75% des jeunes sont extrêmement inquiets pour l’avenir. L’éco-anxiété est une anxiété majeure. À juste titre car la situation est grave. La radicalité est aujourd’hui une manière de nous protéger, de protéger nos enfants, pour faire en sorte que leur vie ne soit pas que chaos climatique», a ainsi affirmé Sandrine Rousseau à la radio privée.
Si elle appelle à «sortir du consumérisme et de la surexploitation des êtres humains», la candidate prône aussi une approche plus philosophique, une forme de «réenchantement» face à la nature.

Des propos controversés

Sa «radicalité», Sandrine Rousseau se l’est vu reprocher à plusieurs reprises ces derniers mois, au fil de sorties médiatiques frisant parfois la bourde. Après la chute de Kaboul, elle avait ainsi appelé à accueillir sans restriction les migrants afghans, assurant qu’avoir de «potentiels terroristes en France» permettrait «aussi de les surveiller».
Flirtant avec les thèses décoloniales et déconstructionnistes, la candidate avait également affirmé que l’écologie ne devait pas être représentée par «des hommes blancs à vélo dans les villes». Au micro de l’émission Backseat, elle avait insisté sur le poids des «femmes, des personnes noires ou musulmanes» dans les luttes écologiques, celle-ci étant des «résistantes de fait».
Plus récemment, Sandrine Rousseau a été au centre d’une passe d’armes avec le ministre de l’Intérieur, reprochant à celui-ci d’assumer ses fonctions même après avoir été accusé de viol. En retour, Gérald Darmanin a menacé de rendre publiques des conversations privées au cours desquelles la femme politique aurait sollicité ses services pour une nomination à l’IRA (Institut régional d’administration).
Sandrine Rousseau avait également été mise en difficulté lors de la primaire écologiste, suite à plusieurs couacs. Des militants de la mouvance identitaire avaient ainsi tenté de s’immiscer dans le scrutin, pour lui donner ironiquement leurs voix. Une forme de «trollage» pour faire monter une candidate montrant «le vrai visage de l’écologie», avait expliqué au Parisien Damien Rieu, ancien porte-parole de Génération identitaire.
Plusieurs centaines d’inscriptions d’électeurs avaient finalement été rejetées, parfois par erreur.
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