Le Grand Rex refuse de recevoir Éric Zemmour pour son débat avec Michel Onfray

Déjà obligé de quitter le plateau de l’émission Face à l’info sur CNews après que le CSA a jugé qu’il était «un acteur du débat politique national», Éric Zemmour est désormais persona non grata au Grand Rex. La fameuse salle de cinéma a refusé de l’accueillir pour son débat avec Michel Onfray, initialement prévu pour le 4 octobre.
Sputnik
Michel Onfray et Éric Zemmour débattront «l’avenir de la France» le 4 octobre comme cela était prévu, mais pas au Grand Rex. À en croire un proche de M. Onfray, cité par RMC, après avoir d’abord donné une réponse positive aux organisateurs le célèbre cinéma des Grands Boulevards parisiens a finalement refusé de l’accueillir à cause d’Éric Zemmour.
Citant un mail du Grand Rex, RMC écrit qu’il se disait prêt à recevoir Michel Onfray en tant que philosophe, mais pas Éric Zemmour comme potentiel candidat à l’élection présidentielle.  Sa direction a confirmé à la chaîne ne pas vouloir organiser de débat politique.
Le 10 septembre, le trimestriel souverainiste Front Populaire, qui organise ce débat, a annoncé dans une vidéo sur Twitter que la rencontre aurait lieu au Palais des Congrès de Paris qui dispose 4.000 places, mais il n’avait alors pas été précisé pour quelle raison. Si le prix d’entrée varie entre 24 et 44 euros, la revue assure qu’elle seule empochera les bénéfices et que ni Michel Onfray ni Éric Zemmour ne seront payés.
Dans la même vidéo, Michel Onfray a rappelé que les gens le considéraient souvent comme «un Zemmour de gauche» alors que chez ce dernier il y a «au moins deux personnages. Il y a celui qui constate le réel, il y a celui qui nous donne des propositions». Pour le philosophe cette rencontre est donc l’occasion de «voir si nous sommes d’accord sur les constats et si nous sommes d’accord sur les propositions».

​Ses ambitions politiques

Bien qu’Éric Zemmour n’ait pas encore officiellement présenté sa candidature, il a dit samedi 11 septembre sur France 2 y «réfléchir» et qu’il «n’avait pas peur» d’être éventuellement un candidat à la présidentielle. Il en a «envie», mais veut «choisir son moment » pour annoncer sa décision.
Le 13 septembre, CNews a pourtant dû annoncer l’arrêt de la participation du polémiste à Face à l'info après que le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a demandé aux médias audiovisuels de «décompter» à partir du 9 septembre ses interventions «portant sur le débat politique national». M.Zemmour doit en effet être regardé «tant par ses prises de position et ses actions, que par les commentaires auxquels elles donnent lieu, comme un acteur du débat politique national».
Fin juin les éditions Albin Michel ont refusé de publier son dernier ouvrage en affirmant qu'il avait «l'intention de s'engager dans la présidentielle» et que son combat idéologique ne correspondait «pas à la ligne éditoriale d'une grande maison généraliste».
S’exprimant le 9 septembre sur BFM TV, Michel Onfray a estimé que cet ouvrage, qui doit paraître ce jeudi 16 septembre chez Rubempré, était «effectivement un livre de campagne».
Selon le baromètre Harris Interactive (vague 13) pour Challenges publié mardi 14 septembre, le polémiste a progressé de trois points par rapport à la semaine précédente, à 10% des intentions de vote. Il est testé dans la seule configuration d'une candidature à droite de Xavier Bertrand, donné à 14%.
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