Zemmour est «un boulet» pour Le Pen, dit Pécresse

«Il ne partage pas mes valeurs. Pour moi il y a une digue infranchissable entre la droite et l'extrême droite», a déclaré a dénoncé la présidente de la région Ile-de-France sur BFMTV.
Sputnik
 
La candidate de droite pour la présidentielle Valérie Pécresse a estimé dimanche que le polémiste Eric Zemmour était un «boulet au pied» de sa rivale d'extrême droite Marine Le Pen qui «rabaisse les femmes».
«C'est un boulet au pied de Marine Le Pen très clairement» et «d'ailleurs c'est à elle qu'il destine le plus ses attaques», a-t-elle déclaré sur BFMTV.
La veille, le chroniqueur sur Cnews avait affirmé sur France 2 avoir «envie» d'être candidat à l'élection présidentielle, ajoutant que Marine Le Pen «ne gagnera jamais» après son échec aux régionales.
Dans le discours du polémiste, Valérie Pécresse sent «plus la peur que la force de la République, un discours dans lequel on rabaisse les femmes, dans lequel on semble parfois même excuser des formes de harcèlement sexuel», a dénoncé la présidente de la région Ile-de-France sur BFMTV.
«D'ailleurs il y a un paradoxe Zemmour: il dit qu'il veut lutter contre l'islamisme. Est-ce qu'on peut lutter contre l'islamisme sans défendre l'égalité femmes-hommes ?», a insisté l'ancienne ministre de Nicolas Sarkozy.
«Il ne partage pas mes valeurs. Pour moi il y a une digue infranchissable entre la droite et l'extrême droite», a-t-elle ajouté en réponse à la déclaration d'un autre candidat à la primaire Eric Ciotti, qui s'est dit prêt à voter Zemmour lors d'un hypothétique second tour contre Emmanuel Macron.
«Cela n'arrivera pas», a tranché Valérie Pécresse, alors que des sondages le créditant de 7% à 8% d'intentions de vote ne permettent pas d'envisager qu'il soit au deuxième tour de la présidentielle.

«Courir derrière Zemmour»

Le patron des députés LREM Christophe Castaner a lui estimé sur France 3 que Marine Le Pen tentait «manifestement de courir derrière Zemmour»: «Elle évoque un choc civilisationnel. Et donc elle propose là aussi une sorte de guerre civile où on opposerait une civilisation à une autre».
Le candidat de LFI Jean-Luc Mélenchon a dénoncé plus largement «un processus de Zemmourisation de toute la droite et même du macronisme».
«Zemmour réussit ce tour de force d'une part de contaminer tous les esprits et en même temps de faire passer Mme Le Pen pour presque une innocente, ce qu'elle ne sera jamais», a-t-il critiqué depuis Ostende (Belgique).
Le président du MoDem François Bayrou a dénoncé dimanche sur France Inter les attaques d'Eric Zemmour contre les prénoms à consonance étrangère.
«Pour moi, c'est absolument le contraire du devoir qui est le nôtre comme Français, c'est exactement le contraire de la France, la France, ça n'est pas une race, ça n'est pas une origine, ça n'est pas une religion, c'est une adhésion», a plaidé le Haut commissaire au Plan.
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