Ces élus LR qui sont séduits par une candidature Zemmour

Plusieurs élus LR pourrait apporter leur soutien à Éric Zemmour s’il était candidat en 2022, rapporte L’Express. Beaucoup y voit une échappatoire à un parti jugé trop centriste.
Sputnik
En froid avec certains cadres du RN suite à des propos au vitriol sur Marine Le Pen, Éric Zemmour cultive une certaine popularité auprès d’élus LR, rapporte L’Express. Le polémiste de CNews semble en effet séduire la frange conservatrice du parti. Il pourrait notamment profiter des défections de Bruno Retailleau et de Laurent Wauquiez, principaux représentants de la ligne droitière.
«Après le renoncement de Laurent Wauquiez, on est un grand nombre à se sentir orphelins de cette ligne de droite assumée, qui tranche clairement avec les idées d'Emmanuel Macron», explique ainsi à l’hebdomadaire Sébastien Pilar, ancien conseiller régional et partisan de la Manif pour tous.
Éric Zemmour avait lui-même évoqué cette proximité idéologique avec Laurent Wauquiez lors d’une récente conférence dans le Vaucluse, disant regretter que le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes ait jeté l’éponge.
La position sans concession de Xavier Bertrand, qui a quitté LR et annoncé qu’il ne participerait pas à une éventuelle primaire de la droite, pourrait également servir les intérêts du polémiste de CNews. Pour certains élus, comme le sénateur gaulliste Sébastien Meurant, l’hypothèse Zemmour vient donc combler un vide face à une direction du parti considérée comme trop centriste.
«Je ne suis pas sûr que l'offre politique actuelle satisfasse les élus attachés à la France éternelle du Général. Et de ce que je lis d'Éric Zemmour, il pourrait parfaitement incarner ce courant […] Pourquoi serait-on dans l'obligation de soutenir Xavier Bertrand, qui a quitté le parti uniquement parce que notre Président de l'époque était trop droitier à son goût?», explique-t-il ainsi à L’Express.
Alors qu’Éric Ciotti, lui-même candidat à la présidentielle, a déclaré qu’il n’hésiterait pas à voter Zemmour en cas de duel avec Macron au second tour, la fuite des cadres inquiète bel et bien chez LR.
«Il se passe quelque chose chez les élus. Un certain nombre se fédèrent, qui commencent à se préparer pour le soutenir dès l'annonce de sa candidature», confie un cadre du parti au magazine d’actualité.
Gérard Larcher, un temps chargé des consultations pour tenter de faire émerger un candidat à droite, tente pour sa part de couper court aux débats. «Nous ne partageons pas les mêmes valeurs», affirme le président du Sénat à l’hebdomadaire, balayant l’idée de voir le polémiste porter les couleurs LR à la présidentielle.

Ira? Ira pas?

Éric Zemmour ne s’est pas encore déclaré ouvertement candidat à la présidentielle mais il sème des indices depuis plusieurs semaines déjà. L’essayiste semble s’être mis en quête des 500 parrainages nécessaires, envoyant une lettre à certains élus de France. Il a également annoncé cesser sa collaboration avec Le Figaro pour faire la promotion de son nouvel ouvrage, La France n'a pas dit son dernier mot.
Alors que beaucoup le voit chasser sur les terres du RN, le polémiste s’est cependant mis à dos certains cadres du parti, déclarant que Marine Le Pen «ne gagnerait jamais» les élections présidentielles. Un mot qui a notamment déplu à Louis Aliot, maire de Perpignan, lequel a sommé le journaliste de «laisser tranquille» la chef de file du RN.
Une rencontre prévue entre Éric Zemmour et Marine Le Pen semble également avoir soulevé quelques tensions, ces derniers jours.
Un récent sondage Ipsos-Sopra pour France info crédite l’essayiste de 8 à 8,5% d’intentions de vote au premier tour de la présidentielle. Son électorat viendrait «à peu près mordre autant sur le RN que sur LR», précise à la radio publique le délégué général d'Ipsos, Brice Teinturier.
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