«Risque de rébellion»: Le Canard enchaîné explique l’absence de l’obligation vaccinale pour la police

À la différence des policiers, les gendarmes au contact du public devront être vaccinés avant le 15 septembre. Le ministre de l'Intérieur a évoqué le chiffre de 70% de vaccinés parmi les policiers, mais d’où vient-il? Le Canard enchaîné a tenté d’apporter une réponse.
Sputnik
Obligation dans les casernes, option dans les commissariats? Après les personnels soignants et les pompiers, les gendarmes doivent à leur tour se faire vacciner… à la différence des policiers.
Le Canard enchaîné évoque une cérémonie de commémoration de la Libération de Paris qui a eu lieu dans la cour d’honneur de la préfecture de police le 24 août.
«Pour assister aux solennités, il suffisait de présenter son badge et sa carte professionnelle», écrit le Canard, avant de s’interroger: «Combien de policiers sont réellement vaccinés contre le Covid?».

D’où viennent les 70% des policiers vaccinés?

La question qui tracasse le journal satirique fait écho à une déclaration de Gérald Darmanin qui a affirmé que «plus de 70% de[s] policiers [sont] vaccinés», soit 10 à 15 points de plus que la population française. Sur Franceinfo le 24 août, le ministre de l'Intérieur a ajouté qu’il pourrait imposer la vaccination si «nous n'obtenons pas un chiffre plus important, 90% par exemple de taux vaccinal».
Interrogé par le JDD, l'entourage de Gérald Darmanin précise que ce chiffre de 70% résulte des remontées des chefs de service qui ont fait un point avec leur équipe début août.
Ce pourcentage ne provenant toutefois pas d’une méthodologie totalement fiable, Le Canard enchaîné a interrogé un gradé de la place Beauveau, qui a accepté de répondre sous couvert d’anonymat:
«L’Intérieur n’a jamais procédé à aucun recensement exhaustif. Nous disposons seulement de quelques sondages informels réalisés au doigt levé ici et là, dans certains services, et qui donc n’ont aucune valeur».
Le JDD note que Gérald Darmanin devait refaire un point avec les syndicats de police dans la première quinzaine de septembre.

Vaccination des policiers et des gendarmes

Contrairement aux gendarmes, les policiers ne sont pas tenus d'être vaccinés, souligne le média. Le 17 août, une note impose à tous les gendarmes «affectés sur le terrain ou en contact avec le public d’être complètement vaccinés d’ici au 15 septembre». Se référant aux responsables, le journal note que 80% des gendarmes sont déjà immunisés.
Ainsi, comment expliquer la réticence des forces de l’ordre à faire le pas? D’après le Canard, les syndicats policiers sont rétifs à la vaccination «non parce qu’ils sont antivax, mais par rancune».
«Ils n’ont pas oublié qu’au début de la pandémie, alors qu’ils étaient en première ligne pour contrôler les attestations de sortie, on leur a interdit le port du masque sous peine de sanctions administratives», rappelle un responsable syndical.
Avec 2022 en vue, G.Darmanin ne veut pas «prendre le risque d’une rébellion» en imposant l’obligation vaccinale aux policiers, conclut le journal.

La note de la gendarmerie

Le 18 août, l’AFP a rapporté avoir consulté une note concertant la vaccination des gendarmes qui fait suite à une instruction du Service de santé des armées (SSA), datée du 29 juillet et révélée par Le Monde, rendant la vaccination obligatoire «pour tout militaire servant […] sur le territoire métropolitain au titre d’un engagement opérationnel décidé par l’état-major des armées ou la direction de la gendarmerie nationale».
Les concernés par l’obligation vaccinale sont «les personnels militaires, d’active et de réserve, en missions de sécurité publique, de sécurité routière, de maintien de l’ordre, de police judiciaire et d’accueil ou effectuant des services au contact du public ou de personnes extérieures à la Gendarmerie», détaille dans sa note la Direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN).
Cependant, parmi les policiers (qui n’ont pas le statut militaire), les chefs de service sont invités à «poursuivre l’incitation à la vaccination» des agents placés sous leur autorité, selon un courrier envoyé mardi aux préfets par le secrétaire général du ministère de l’Intérieur, Jean-Benoît Albertini.
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