La Ville rose prend le relais de Paris et lance le hashtag SaccageToulouse

#SaccageToulouse. La Ville rose rejoint Paris dans la formation d’un mouvement visant à dénoncer les incivilités des habitants. Lancé au printemps, il veut faire agir les autorités. Une initiative qui se limite pour l’instant à ces deux villes bien que plusieurs autres connaissent des problèmes semblables.
Sputnik
La saleté et les incivilités à Paris ont conduit au lancement du hashtag #saccageparis par l’auteur qui a préféré rester anonyme. Depuis le 21 mars, photos et vidéos sont publiées pour dénoncer la politique d’aménagement dans les rues de la capitale. Une initiative qui a pris de l’ampleur, pour s’exporter jusqu’à Toulouse.
Depuis la première photo publiée le 22 mai, l’auteur de cette initiative et ses deux amis ont rendu publics une trentaine de clichés. Pour l’instant, le mouvement Saccage Toulouse a été lancé seulement sur Instagram, mais l’auteur «n’exclut pas de l’étendre à d’autres réseaux sociaux», indique ce 27 août le site Actu.
«Mon rôle est de montrer aux élus ce qui ne va pas, même si certaines actions vont dans le bon sens. Mais je souhaitais pointer des décisions inopportunes. Nous faisons des constats, pas des attaques gratuites. Car ce sont nos impôts qui financent!», expose au média le créateur du compte.
Il note que chaque photo n’est pas prise dans les plus mauvais moments, citant à titre d’exemple celle de poubelles qui débordent sur les berges de la Garonne après le passage des éboueurs.
«Il n’y a pas assez de poubelles, et ce dans plusieurs endroits de la ville. Les photos que nous publions sont le fruit de ce que nous observons régulièrement tous les jours et sur plusieurs mois», ajoute-t-il, assurant «ne pas chercher le désordre dans la ville» et assurant agir «au hasard des balades».
C’est l’hypercentre de la ville rose qui le préoccupe le plus. «C’est là où j’habite, mais je veux qu’à terme, tous les quartiers soient montrés pour faire bouger les choses. Il faut que les Toulousains puissent savoir que ça existe.»
Selon lui, le hashtag saccageparis a poussé la mairie à «finir par prendre des mesures» bien qu’en avril 2021, Anne Hidalgo ait dénoncé une «campagne très orchestrée» ait noté «beaucoup de proximité avec l’extrême droite».

D’autres villes en proie à ce fléau

Cette initiative n’est limitée actuellement qu’à ces deux villes bien que plusieurs autres souffrent d’incivilités. Ainsi, à Reims (Marne), la lutte contre le dépôt sauvage coûte 300.000 euros par an, et ramasser les crottes de chien à Tours (Indre-et-Loire) 150.000 euros par an, soulignait en février 2020 Franceinfo.
Le problème reste également sensible à Annemasse. De nombreux habitants interpellent les élus, les services techniques et publient des commentaires peu élogieux sur les réseaux sociaux, rapporte l’hebdomadaire Le Messager.
Résultats: des interventions ponctuelles se déroulent, visant des catégories prioritaires de déchets, des secteurs sensibles, ou des points noirs. Interrogé par l’hebdomadaire, Pascal Sauge, adjoint chargé de la qualité des espaces publics, a annoncé que «des permis de jardiner seront accordés sur des zones délaissées de voirie» pour éviter leur transformation en lieux de dépôts sauvages.
Face aux incivilités, Valence, qui dépense plus de 3.200.000 euros par an pour assurer la propreté de la ville, a décidé de verbaliser les auteurs des incivilités, petites et grandes (mégot jeté, crotte non ramassée, encombrant destiné à la déchetterie, mais déposé sur le trottoir).
L’auteur des faits devra ainsi payer le montant de la contravention et les frais d’intervention des services municipaux pour nettoyer l’espace public, par exemple pour une crotte de chien jusqu'à 368 euros.
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